Le climat social reste tendu à la FN Herstal

©BELGA

Les syndicats dénoncent une baisse de la charge de travail sur le site de Herstal au profit de l’usine américaine, alors que les carnets de commandes sont bien garnis. Ce mardi, au terme de 11 heures de discussion, le front commun FGTB-Metal, CNE, Setca de la société d'armement annonce qu'une assemblée générale unique se tiendra mercredi matin à 8h30. Il présentera un document portant sur les six points de blocage et l'assemblée décidera de la poursuite ou non de la grève au finish.

Le personnel de la FN Herstal a entrepris mardi un nouveau mouvement de grève en front commun (FGTB-Métal, CNE, Setca), suite à une série d’inquiétudes concernant la sous-utilisation des capacités liégeoises au profit d’autres unités de production à l’étranger.

Le mouvement, annoncé comme étant "au finish", a été décidé lundi soir, au terme de trois assemblées générales. Mardi, des négociations se sont déroulées toute la journée avec la direction au siège de la société. Depuis plusieurs semaines, les représentants des travailleurs de l’entreprise spécialiste de l’armement léger se montraient nerveux. Une grève de 48 heures a été observée la semaine passée. Les travailleurs du site liégeois s’étaient déjà croisés les bras un jour la semaine précédente.

"Les carnets de commandes sont pleins, mais certains ateliers sont sous-occupés".
antionio fanara
Secrétaire général FGTB-Métal

Une externalisation "inquiétante"?

Ce que dénoncent les organisations syndicales, c’est une externalisation "inquiétante" de la production vers les états-Unis, où le Groupe Herstal (FN Herstal, Browning), détenu à 100% par la Région wallonne, possède plusieurs implantations. La plus importante, l’usine de Columbia en Caroline du sud, assure la production pour les commandes du ministère US de la Défense. Dans le civil, les syndicats parlent de sous-traitance excessive vers la Turquie, au profit de fabricants à bas coûts extérieurs au groupe.

Bien que la direction ait fait savoir qu’elle entendait poursuivre le développement du site de Herstal – où sont employés quelque 1.300 personnes –, les syndicats mettent en avant les cadences de production locales en comparaison des importantes commandes enregistrées par l’entreprise. Les ateliers de canonnerie et mécanisage (usinage) voire de montage, semblent les plus touchés. "On ne parle d’inquiétudes, mais de réalités, indique Antonio Fanara, secrétaire régional FGTB-Métal. Nous ne sommes pas opposés à une répartition avec les autres filiales, nous sommes une multinationale. Mais il y a clairement un problème de charge de travail à Herstal. On nous dit que les carnets de commande sont pleins, mais certains ateliers sont sous-occupés."

Les objections des syndicats portent également sur le nombre de contrats à durée déterminée (CDD), qui ont tendance à prendre le pas sur les engagements fermes. "On dit qu’on engage à la FN mais le nombre de contrats à durée indéterminée stagne", fait encore remarquer Antonio Fanara, qui réclame une "stratégie claire de la part de la direction".

Enfin, de source syndicale, on fait aussi valoir la non-prise en compte d’un cahier de doléances adressé à la direction il y a un an, comportant des remarques sur des problèmes de contrôle qualité.

Le SCAR, le remplaçant du Famas ?

Le groupe Herstal a pourtant réalisé de bonnes performances l’année dernière: un chiffre d’affaires de 678 millions d’euros, en progression de 6% par rapport à 2013. Son résultat net consolidé s’est élevé à près de 49 millions (+ 11%).

Le groupe a indiqué qu’il verserait un dividende de 10 millions d’euros à son unique actionnaire (la Région) pour 2014. Le site de Herstal a bénéficié de plus 10 millions d’investissements et le personnel a touché une prime de près de 2.900 euros pour l’exercice 2014.

FN Herstal a été repris par les autorités françaises sur une liste restreinte pour un marché visant à remplacer les fusils d’assaut Famas en dotation dans l’armée de l’Hexagone. Un contrat de 300 millions sur 15 ans, qui devrait être attribué en 2016. L’entreprise propose son fusil d’assaut, le SCAR, qui est en service opérationnel dans les Forces spéciales américaines. Les Allemands avec leur HK 416 et les Italiens, avec l’ARX de Beretta, sont également en lice.

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