Le rachat de British Steel fait grincer Eurofer

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La perspective du rachat du sidérurgiste britannique en faillite British Steel par le groupe chinois Jingye suscite des grincements de dents du côté des maîtres de forges européens.

Eurofer, l’association des sidérurgistes européens, a annoncé son intention de faire part de ses objections à la Commission européenne. Pour elle, cette opération est de nature à enfreindre les règles de concurrence.

Aux termes de l’accord conclu lundi, Jingye reprend notamment les aciéries de Scunthorpe (nord de l’Angleterre), qui emploient le gros des 5.000 salariés de British Steel, ainsi que des fonderies au Royaume-Uni, la société d’ingénierie britannique TSP, des parts de la filiale néerlandaise FN Steel et de l’usine d’Hayange, en Moselle française. Selon la presse britannique, le montant du rachat, qui doit encore recevoir l’aval des autorités, tournerait autour de 50 à 70 millions de livres (58 à 81,2 millions d’euros). Le gouvernement britannique devrait contribuer au sauvetage par l’intermédiaire de garanties de prêts et d’autres soutiens financiers.

Eurofer a l’intention de faire part de ses objections à la Commission.

Ce dernier point fait froncer les sourcils des responsables d’Eurofer. "Nous devons être sûrs que le gouvernement britannique n’octroie aucune aide susceptible d’être considérée comme ne respectant pas les règles européennes en matière d’aides d’État", a indiqué Axel Eggert, directeur général d’Eurofer, à l’agence Reuters.

Selon lui, la Chine est le principal contributeur à la surproduction d’acier, qui a entraîné un effondrement des prix sur les marchés mondiaux. La surcapacité actuelle tourne autour de 450 millions de tonnes, soit trois fois la taille du marché européen.

La Chine prend à son compte les deux tiers de cet excès de production, affirme Eurofer. Qui appelle l’UE à prendre des mesures de sauvegarde pour protéger l’industrie européenne.

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