Les syndicats de NLMK dénoncent une "bombe sociale"

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Conseil d'entreprise sous haute tension hier chez NLMK à Clabecq. Il s'est terminé par la séquestration de la direction. Le problème? Le plan industriel présenté par la direction dans le cadre de la restructuration.

Le ton monte sur le site de NLMK à Clabecq. Les ouvriers ont séquestré la direction à l'issue du troisième conseil d'entreprise extraordinaire qui s'est tenu sur place jeudi après-midi. Le piquet de grève installé jeudi soir à l'issue du conseil d'entreprise, devant le site de Clabecq, est toujours en place vendredi. Toute l'activité industrielle est interrompue sur le site, les stocks restent dans les hangars et les fournisseurs n'ont plus accès à l'usine. 

Si nous n'obtenons pas que la direction retire ces mesures, on ira au finish. Il faut penser que si ces mesures-là sont appliquées à Clabecq, elles seront tôt ou tard appliquées dans d'autres usines en Belgique. C'est inacceptable.
Salvatore Lamarca
Délégué FGTB

Hier, les discussions ont abordé le plan industriel et donc les mesures d'économie.

Les syndicats énoncent 3,5 millions d'euros d'économies sur le coût du travail par divers moyens:

• la révision des primes
• le gel de l'indexation des salaires pendant trois ans
• de nouvelles règles sur les heures supplémentaires
• la dénonciation de certaines conventions collectives de travail
• un plan d'action sur l'absentéisme

Les syndicats pointent aussi la disparition de pans entiers de la production, de la sous-traitance de plusieurs services, d'une polyvalence maximale et une automatisation accrue. Pour eux, tout cela représente une économie de 20 millions. Ces mesures s'ajoutent aux 290 suppressions d'emplois sur le site.

Dans un communiqué, les syndicats parlent de "bombe sociale". "Ce plan est imbuvable, explique Matteo Villani, permanent FGTB. Pour les travailleurs qui restent, les conditions sont terribles. Impossible de présenter un tel plan à la base."

"Je n'ai jamais vu ça. La direction veut geler les salaires pendant quatre ans et pratiquer le saut d'index. Les heures supplémentaires ne seront pas payées. C'est tout simplement infect", Lahoucine Ourhibel de la CSC.

La direction rappelle que des changements profonds sont "malheureusement indispensables" pour l'avenir de l'usine et assurer la rétention de 50% de l'emploi sur place. Elle appelle à la reprise du dialogue tout en confirmant que la fin du conseil d'entreprise avait été tendue.

"À présent, c'est avec regret que la direction constate que les voies d'accès et de sortie du site de l'usine sont bloquées, empêchant la libre circulation des membres du personnel: nous pouvons comprendre l'émotion de nos collègues dans ce processus difficile. Cependant, empêcher les membres de notre personnel de rentrer à leur domicile est inacceptable. La direction rappelle également qu'il est essentiel de revenir au plus vite à la table des négociations pour avancer dans ce processus indispensable pour le futur de l'usine de Clabecq", indique le communiqué de la direction.

Et maintenant?

Pour lever le piquet de grève, sur lequel les travailleurs se sont relayés durant la nuit, les syndicats exigent que la direction revienne notamment sur le gel des salaires et de l'index "Si nous n'obtenons pas que la direction retire ces mesures, on ira au finish. Il faut penser que si ces mesures-là sont appliquées à Clabecq, elles seront tôt ou tard appliquées dans d'autres usines en Belgique. C'est inacceptable", insiste le délégué FGTB Salvatore Lamarca.

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