Lhoist lance un plan alternatif pour l'extension de son site à Rochefort

Si rien ne change, la carrière de Rochefort et l'usine voisine de Jemelle n'en ont plus que pour 6 années de production; avec le nouveau plan, elles seraient prolongées de 14 ans supplémentaires. ©Jef Boes

Lhoist voudrait modifier le plan de secteur concernant un terrain qu'il détient au nord de la zone d'extraction. Cela permettrait de régler le conflit avec l'abbaye.

Une solution est enfin en vue pour régler le conflit entre l'exploitant de carrière Lhoist et les moines trappistes de l'abbaye Saint-Rémy à Rochefort. Le groupe Lhoist lance en effet un plan d'extension alternatif de la carrière de Jemelle, qui permettra, s'il obtient tous les feux verts, de prolonger son exploitation durant 14 ans. Le tout, sans toucher à la Tridaine, c'est-à-dire à la galerie-source qui alimente l'abbaye (dont la brasserie) et la commune de Rochefort en eau potable. Jusqu'ici, le plan d'expansion initial de Lhoist prévoyait d'approfondir la carrière notamment à travers la Tridaine et de compenser la perte d'accès à l'eau pour les moines et la commune par des pompages à plus grande profondeur dans la même nappe aquifère, ce dont l'abbaye ne voulait pas entendre parler.

14 ans
Le nouveau plan d'extension de la carrière permettrait d'ajouter 14 ans de production aux installations de Lhoist à Jemelle (Rochefort). Soit jusqu'en 2040.

L'an dernier, l'abbaye avait gagné une manche décisive au tribunal civil de Marche-en-Famenne contre le projet de Lhoist, mais ce dernier avait fait appel. Le nouvel arrêt est attendu dans les prochains mois. En attendant, la carrière ne pouvait plus continuer à tester son projet d'extension, comme il avait commencé à le faire. Ce jugement et le risque de perdre en appel l'ont poussé à trouver une autre solution.

Une zone de 14 hectares à requalifier

Lhoist possède en effet un terrain agricole de 14 hectares en bordure de la carrière. Dans les années 1990, il avait fait réaliser une étude sur cette zone, qui avait montré qu'elle pourrait être exploitée en extraction sans préjudice pour un autre voisin prestigieux: la Station de radioastronomie de Humain. Mais le carrier s'était entre-temps développé dans la zone d'extraction de la Boverie (l'actuelle) et les 14 hectares n'avaient plus changé de statut.

Quid si Lhoist gagne en appel? "Une telle décision confirmerait qu'on aura le droit de demander un jour d'approfondir la carrière de Boverie."
Jean Marbehant
Vice-président Public Affairs chez Lhoist

Aujourd'hui, Lhoist propose de requalifier ces terrains en zone d'extraction, ce qui lui permettrait d'ajouter 14 années d'exploitation aux six qu'il lui reste à Boverie, de quoi tenir jusqu'en 2040. Il doit toutefois, pour ce faire, obtenir le feu vert du gouvernement wallon pour modifier le plan de secteur (ce qui prend 5 ans), puis obtenir un permis unique (modification du relief et conditions d'exploiter). Sans oublier d'en aviser les riverains, via une réunion d'information publique.

Et quid si, dans quelques mois, Lhoist gagne son appel contre l'abbaye? "Une telle décision confirmerait qu'on aura le droit de demander un jour d'approfondir la carrière de Boverie", répond Jean Marbehant, vice-président Public Affairs du groupe. En revenant au plan initial, donc. Pas dans l'immédiat, mais peut-être au bout des 6+14 années d'exploitation...

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