Pas de grosses avancées chez NLMK

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Syndicats et direction de NLMK se sont rencontrés ce mardi matin dans le cadre de la première phase de la procédure Renault sur le licenciement collectif. Le plan industriel n'a cependant pas été présenté comme prévu par la direction dans la mesure où les représentants des travailleurs ont défini une série de prérequis avant d'entamer les discussions.

Tôt ce matin, les travailleurs de NLMK ont repris le travail sur le site de Clabecq. Mais l'ambiance est tendue alors que la première réunion entre syndicats et direction, qui a débuté vers 9h, s'est soldée sur un report de l'ordre du jour, à savoir la présentation du plan industriel par la direction. 

Combien d’emploi seront conservés, combien d’emplois seront créés, combien de travailleurs seront reclassés et quel est le planning des formations ?
Les syndicats réunis en front commun

"Nous avions deux prérequis", explique Pascal Strube, secrétaire permanent SETCA. "Nous voulions avoir les bonnes personnes en face de nous et que la direction accepte le principe de la constitution de trois groupes de travail." 

L'un de ces groupes de travail devra se pencher sur les aspects techniques du fonctionnement de l'usine afin de faire le point sur des lacunes pointées en vain depuis quelque temps par le personnel. Un second s'attardera sur la sécurité des installations et leur remise aux normes. Le troisième groupe serait constitué avec un cabinet indépendant, extérieur et neutre, pour réaliser une étude de marché à propos des plaques à haute valeur ajoutée sur lesquelles NLMK Clabecq devrait se concentrer après sa restructuration.

Dans un communiqué publié avant la rencontre, les représentants des travailleurs réclament que les causes du projet de la direction de se défaire de la moitié de son personnel soient analysées, avançant que l’entreprise a été rendue totalement dépendante de plusieurs entités du groupe NLMK, tant en amont qu’en aval de son circuit économique. 

"Nous souhaitons l’intervention d’une expertise externe pour analyser la situation économique et financière de l’entreprise et fiabiliser le plan industriel qui nous sera soumis. Nous avons souvent eu des problèmes de production sur le site de Clabecq, notamment liée à la maintenance. Nous voulons repartir sur de bonnes bases", explique Matteo Villanie, délégué FGTB.  

Pour l'heure, la direction ne s'est pas prononcée sur ces revendications. Elle a proposé un calendrier de rencontres. La date du 30 janvier prochain a été évoquée. "Nous sommes à l'écoute", a réagi Maurine de Rémont Communication Manager NLMK Clabecq. "Nous avons la volonté d'être le plus transparents possible et de nous remettre à la table des discussions le plus rapidement possible."

Rencontre avec le ministre Jeholet à 16h

Plus globalement, les syndicats dénoncent le manque de clarté de la direction entre l'annonce jeudi dernier de la suppression de 290 emplois et son intention, relayée par la presse ce week-end, d'investir 148 millions d'euros sur ses sites de Clabecq et à Louvière. "À qui s'adresse la direction?" s'interrogent-ils. "Combien d’emplois seront conservés, combien d’emplois seront créés, combien de travailleurs seront reclassés et quel est le planning des formations?" poursuivent-ils. 

Les représentants des travailleurs se disent choqués par l’absence d’un volet social alternatif de reclassement professionnel dans son projet de licenciement collectif. Une entrevue est prévue en fin d'après-midi avec les services de Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre de l’Emploi et de l’Économie de la Région wallonne pour comprendre. "Nous ne sommes pas très optimistes, mais nous allons voir ce qu'il a dans sa besace", a commenté Pascal Strube. 

Enfin, ils réclament la fixation d’une date avec les services du ministre fédéral de l’Emploi et de l’Économie, Kris Peeters (CD&V), en vue du prolongement de la CCT 126 qui a pris fin le 31 décembre dernier permettant l’abaissement de l’âge d’accès au RCC (régime de chômage avec complément d'entreprise) à 56 ans pour les entreprises reconnues en difficulté ou en restructuration. "Sans prolongation de cette CCT, il n’y a plus d’outil RCC spécifique pour une situation telle que celle que vit en ce moment NLMK Clabecq, si ce n’est le recours à l’âge légal du RCC qui est, pour 2019, fixé à 62 ans d’âge et 42 ans de carrière", écrivent les syndicats.

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