Roosens Bétons déploie ses micro-usines

La société hennuyère dispose de 12 micro-usines au Maghreb et en Afrique subsaharienne. Ce type d’équipement, mobile et peu cher, suscite de l’intérêt en Chine et en Amérique du Sud.

Une petite installation mobile, de la taille d’un conteneur, dotée d’un mélangeur, d’une presse, de moules. De quoi construire une maison en trois jours. Ce concept de micro-usine, développé par la société Roosens Bétons et particulièrement approprié dans les régions reculées et défavorisées, s’étend petit à petit.

Certes, Roosens Bétons n’a rien inventé. D’autres se sont aussi lancés sur ce créneau. Mais l’entreprise basée à Familleureux (Seneffe) mise sur un modèle intégré. "En Europe, nous sommes les seuls à proposer un service complet, incluant aussi la formation des maçons", précise Danny Roosens, qui dirige avec son frère Eddy cette société familiale créée en 1906 par leur arrière-grand-père.

Les atouts majeurs de la micro-usine résident, d’une part, dans son caractère nomade – il est facile de déplacer les machines à l’endroit où l’on construit – et d’autre part, dans son prix relativement modeste (environ 100.000 dollars) qui la rend accessible dans des régions où les capacités d’investissement sont réduites.

Les micro-usines représentent actuellement environ 4% du chiffre d’affaires de Roosens Bétons – 24 millions d’euros en Belgique, la filiale polonaise rapportant 5 millions supplémentaires. "Notre objectif de vendre sept micro-usines par an a été atteint en 2018. À ce jour, douze micro-usines sont opérationnelles en Afrique (Maghreb, Afrique occidentale, RDC, Namibie)", précise Danny Roosens.

Ces installations permettent de construire trois maisons par semaine. Roosens Bétons a également développé un modèle plus grand, d’une valeur d’environ 800.000 euros, qui permet de construire trois maisons par jour. Deux unités de ce type sont en cours de livraison en République démocratique du Congo et au Maroc.

La mayonnaise prend petit à petit. "Nous avons aussi reçu des marques d’intérêt de certaines régions plus reculées en Amérique du Sud et en Chine. Nous proposons deux options: une vente pure et simple ou une location. Mais en 16 mois maximum, l’investissement est remboursé", souligne l’administrateur délégué de Roosens Bétons.

Objectif: la neutralité carbone

Ces installations permettent en outre de favoriser la production de matériaux de construction sur place, et donc d’éviter à Roosens Bétons de devoir livrer ses blocs à grande distance. Intéressant pour une entreprise qui vise la neutralité carbone.

"Sur le plan environnemental, la bête noire du béton, c’est le ciment, qui représente 10% de la masse du béton et est un gros émetteur de CO2, explique Danny Roosens. Mais nous travaillons sur le développement de bétons qui ne nécessiteront plus de ciment. L’idée, c’est de recourir au carbonate, qui fait durcir les matériaux. Dans un tel cas de figure, le CO2 servira de matière première".

Dans l’immédiat, l’entreprise hennuyère mise sur ses blocs de construction Stabobloc. Outre leur forme particulière dotée de cannelures et de nervures qui facilitent l’assemblage et donc réduisent le temps de construction, ils ont pour particularité d’être dotés d’un système breveté de dosage automatique du mortier qui permet de mesurer précisément la quantité de mortier nécessaire. Ce système permet de diviser par trois le mortier utilisé par rapport aux systèmes de maçonnerie traditionnels. Avec le double avantage en termes de coûts et d’émissions de gaz à effet de serre que cela implique.

Le chantier du nouveau siège de BNP Paribas Fortis, derrière la gare Centrale à Bruxelles, est par exemple intégralement réalisé en Stabobloc. "Et en Afrique, ce matériau présente aussi un grand intérêt en raison du prix très élevé du ciment", précise Danny Roosens.

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