Thyssenkrupp en marche vers la scission

Le CEO de Thyssenkrupp Guido Kerkhoff. ©EPA

Le conseil de surveillance du géant allemand de l'acier Thyssenkrupp a donné son feu vert à la scission du conglomérat. Deux sociétés cotées naîtront de la scission, qui devrait intervenir d'ici un an et demi.

Le conseil de surveillance du géant allemand de l'acier Thyssenkrupp a donné son feu vert à la scission du conglomérat qui a incarné pendant plus d'un siècle la puissance industrielle de l'Allemagne.

Cette décision a été prise à l'unanimité. Elle reste soumise à l'approbation de ses actionnaires, parmi lesquels deux fonds activistes qui ont pesé de tout leur poids en faveur de ce "spin-off".

Thyssenkrupp "fait un pas courageux en avant" en adoptant ce "plan convaincant", a déclaré Bernhard Pellens, un enseignant en école de commerce nommé président du conseil de surveillance. 

"Nous pouvons désormais donner à nos employés une indication claire du futur de l'entreprise", plongée ces derniers temps dans une crise inédite de gouvernance, a déclaré de son côté Guido Kerkhoff, qui s'est vu confirmer à son poste de président du directoire. "C'est une solution raisonnable qui sert également les intérêts des employés, des clients et des actionnaires", a-t-il ajouté.

Ce faisant, le groupe issu de la fusion en 1998 des deux géants allemands de l'acier Krupp et Thyssen signe la fin de sa structure de conglomérat, une spécificité historique allemande.

Deux sociétés cotées naîtront de la scission, qui devrait intervenir d'ici un an et demi, à l'issue d'une assemblée générale des actionnaires : l'une regroupera les activités de pièces détachées, d'ascenseurs, de construction industrielle et d'ingénierie, l'autre, les activités de construction navale et surtout son coeur de métier, l'acier, lui-même en pleine mutation.

Le groupe a récemment bouclé la fusion de ses activités sidérurgiques avec le pôle européen du géant indien Tata, pour contrer la déferlante de l'acier chinois et devenir le numéro deux européen derrière ArcelorMittal.

La fondation Krupp, actionnaire principal du groupe (21%) a tenté, en vain, de préserver l'empire familial intact, tandis que les syndicats ont manifesté leur inquiétude pour les 159.000 salariés du groupe à travers le monde.

En revanche, les investisseurs ont salué ce projet de scission, synonyme à leurs yeux de création de valeur. Jeudi à la Bourse de Francfort, le titre de Thyssenkrupp avait terminé en hausse de 9,92% à 22,06 euros, après avoir atteint jusqu'à +17% en séance.

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