Thyssenkrupp s'oppose au refus européen de sa fusion avec Tata

©REUTERS

L'industriel allemand a porté plainte contre le refus de la Commission européenne de le voir fusionner avec son homologue indien. Il juge cette décision "mauvaise et disproportionnée".

L'industriel allemand Thyssenkrupp annonce porter plainte contre le refus par la Commission européenne de son projet de fusion avec l'Indien Tata dans l'acier. Cette procédure rare est un nouveau signe de la pression des entreprises face des règles européennes de la concurrence jugées trop strictes.

Nous déplorons la décision de la Commission européenne que nous considérons comme mauvaise et disproportionnée.
Donatus Kaufmann
membre du conseil de surveillance

"Nous déplorons la décision de la Commission européenne que nous considérons comme mauvaise et disproportionnée et c'est pourquoi nous déposons plainte auprès de la Cour de Justice de l'Union européenne", explique Donatus Kaufmann, membre du conseil de surveillance du groupe dans un communiqué.

Un frein à la concurrence

En juin dernier, la commissaire Margrethe Vestager expliquait sa décision par sa crainte de voir la concurrence se tarir dans le secteur de l'acier. "Les parties n'ont pas proposé de mesures correctives adéquates pour répondre à ces préoccupations."

Les deux groupes, qui avaient déjà présenté plusieurs concessions pour réduire leur part de marché en Europe, avaient refusé de céder plus et enterré leur projet avant même ce refus officiel.

"La situation est critique pour les fabricants d'acier. La situation de surcapacité et la forte pression des importations en provenance d'Asie créent un environnement dans lequel la coentreprise envisagée avec Tata Steel n'aurait pas nui à la concurrence", se défend deux mois plus tard Thyssenkrupp.

Le conglomérat allemand reprend à son compte des critiques formulées à plusieurs reprises à la fois par les grands groupes industriels, mais aussi par les gouvernements français et allemand, en croisade contre le droit de la concurrence européen qu'ils jugent inadapté face à la déferlante des produits asiatiques à moindre prix.

Les "technocrates rétrogrades" de Bruxelles

En janvier, Joe Kaeser le patron de Siemens, voyant que le projet de fusion dans le rail avec le français Alstom était en passe de capoter, avait qualifié de "technocrates rétrogrades" les décideurs bruxellois chargés de veiller à ce que ces projets de fusion n'écrasent pas les plus petits groupes ou ne menace les prix au sein de l'UE.

Paris et Berlin ont publié en février un manifeste appelant à un assouplissement du droit de la concurrence en Europe, allant jusqu'à demander pour un état "la possibilité de discuter" les décisions de la Commission.

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