interview

"Tout le monde est perdant dans le dossier Durobor" (Herman Green)

Herman Green fédère les partenaires privés (Herman Green Invest) qui détiennent 52% de Durobor Glassware. ©Dieter Telemans

Herman Green représente les partenaires privés dans Durobor (Herman Green Invest). Selon son analyse, le secteur est handicapé par une compétition où l’on se bat à armes inégales…

Faute d'accord avec les banques, les repreneurs de Durobor emmenés par Herman Green ont déposé le bilan. Quelque 140 personnes perdent leur emploi.

Quelles sont les raisons, selon vous, pour lesquelles la (ou les) banque(s) ont refusé d’accorder le prêt à Durobor?
Herman Green: Je ne le sais pas. Je n’ai pas participé aux négociations entre les actionnaires et les banques.

Pensez-vous qu’il reste une possibilité de trouver un repreneur pour tout ou partie de Durobor?
Je crois qu’il ne reste qu’une chance infime. Il faut connaître le secteur de la verrerie, qui est soumis à une consolidation effrénée. Le groupe français Arc, qui est notre concurrent et qui n’est qu’à 300 kilomètres de La Louvière, vient d’être sauvé par l’État il y a trois semaines. Chez nous, la règle est qu’à un euro d’investissement public doit correspondre un euro d’investissement privé, mais dans l’Hexagone, Arc a été subventionné à 100%. (Le 25 mars dernier, les pouvoirs publics français ont déboursé 30 millions d’euros pour sauver le groupe et ses 5.200 collaborateurs, NDLR).

Pour vous et votre groupe, c’est une perte sèche?
Tout le monde est perdant dans ce dossier: les employés et ouvriers de Durobor, moi personnellement, la Sogepa, Herman Green Invest. On est tous perdants.

Quelle leçon tirez-vous de cette histoire?
J’en conclus que ce secteur est très compliqué. Y investir est considéré comme risqué par les banques. Transformer et moderniser cette industrie s’avère très lourd. Cela coûte beaucoup d’argent. Cela reste un secteur pas très sexy et pourtant, on a toujours besoin de verres... Mais à la frontière de l’Europe, la Turquie abrite le numéro deux mondial de la gobeleterie, lequel est subventionné depuis les matières premières (sable) jusqu’aux produits finaux. La compétition ne se déroule donc pas d’égal à égal, ce qui rend les choses très difficiles.

Il n’y aura donc plus de gobeleterie en Belgique…
En effet. Ces trente dernières années, en Europe de l’Ouest, on a enregistré chaque année la disparition d’au moins une gobeleterie. Durobor avait toujours survécu jusqu’ici grâce à sa marque et à ses produits. Son usine, en revanche, était devenue vieillotte et avait perdu sa rentabilité.

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