Virginal Paper déclarée en faillite

La société sera passée dans plusieurs mains (Arjo Wiggins et Idem Papers, Virginal Paper). L'histoire pourrait s'arrêter avec le prononcé de faillite de Virginal Paper. ©BELGA

Virginal Paper aura tenté de faire revivre la société d'Ittre Idem Papers. Mais sans succès. Le tribunal de commerce de Nivelles vient de prononcer la faillite de la société. Quelque 60 personnes y sont employées.

Les syndicats sont "furieux". Un peu plus d'un an après sa reprise, le tribunal de commerce vient de prononcer la faillite de Virginal Paper. L'entreprise papetière emploie une soixantaine de personnes.

Dans le chef des syndicats, c'est la colère et l'incompréhension. "La Sogepa a remis de l'argent public et on est en mesure de se poser la question de savoir comment la Sogepa étudie les plans industriels qu'on lui donne. Elle a injecté l'argent et on fait face à une nouvelle catastrophe sociale. Nous sommes dans le même cas que Durobor", explique Philippe Leclercq (FGTB).  

Il affirme que depuis la reprise d'Idem Papers, déclarée en faillite en juin 2017, les syndicats ont été tenus à l'écart tant par la direction que par le conseil d'administration, où siège la Sogepa. Des rumeurs faisaient toutefois état d'un manque de liquidités. "Il semble qu'en décembre, il n'y avait plus d'argent pour acheter de la pâte à papier."  

Philippe Leclercq espère désormais que les salariés de Virginal Paper pourront avoir accès aux cellules de reconversion, comme leurs anciens collègues d'Idem Papers.

De sauvetage en sauvetage

L'entreprise papetière avait déjà été sauvée du naufrage à l'automne 2017. À l'époque, elle s'appelle Idem Papers. La société avait été déclarée en faillite en juin de cette année, mais en septembre, le fonds Avida, un chevalier blanc venu de Norvège, avait redonné vie à la société, rebaptisée Virginal Paper. Le gouvernement wallon, via la Sogepa, a ainsi injecté 2,25 millions d'euros; une somme complétée à hauteur de 2,75 millions par des partenaires privés.

Idem Papers avait déjà été relancée en 2009 sur les cendres de Arjo Wiggins, grâce à un Management Buy Out (MBO).  

"Une grosse déception" pour le bourgmestre d'Ittre 

Le bourgmestre d'Ittre, Christian Fayt, parle d'une "très grosse déception" face à l'annonce de la faillite de Virginal Paper. Selon le bourgmestre ittrois, l'investisseur norvégien s'est finalement désintéressé de Virginal Paper, pour se concentrer notamment sur le rachat d'une papeterie beaucoup plus importante en Allemagne. La Fédération PS du Brabant wallon a également réagi lundi après-midi en parlant d'un "profond désarroi" face à la situation.

"Beaucoup de gens sont déçus: la Sogepa et la Région wallonne ont tout essayé pour maintenir l'entreprise mais elles sont tenues par des règles et ne peuvent pas investir davantage que le privé. En janvier, il avait été envisagé d'injecter 2,5 millions d'euros d'argent public, et l'investisseur devait de son côté apporter 2,7 millions. Il ne l'a pas fait, en tout cas pas entièrement. Quand les machines tournent, elles produisent un papier de qualité mais il y a un manque de financement. L'investisseur privé a acheté une grosse entreprise en Allemagne, qui tourne toujours, et il s'est focalisé là-dessus en se désintéressant de Virginal. Il faut dire les choses comme elles sont", a réagi cet après-midi le bourgmestre d'Ittre.

S'il n'exclut pas tout à fait une nouvelle reprise, Christian Fayt estime qu'il faut à présent réfléchir à la reconversion du site, 16 hectares de zone industrielle qui sont désormais propriété de la Région wallonne et situés le long du canal Charleroi-Bruxelles.   

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