WSL soutient des start-ups industrielles pour les garder en Belgique

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L'incubateur liégeois "fête" ses 20 ans d'existence et cherche à assurer la pérennité de son modèle tourné vers l'accompagnement de jeunes sociétés industrielles.

Pour la grande fête des 20 ans, on repassera! "Qu'à cela ne tienne, nous fêterons les 21 ans, l'âge de la maturité", assure Agnès Flémal, la directrice générale de WSL. L'incubateur liégeois, installé dans l'un des parcs scientifiques du Sart-Tilman, devait marquer son vingtième anniversaire en grande pompe. Mais ce n'est que partie remise, crise sanitaire oblige.

Plus que la majorité, WSL compte bien atteindre la maturité de son modèle. Pas question ici de fonds d'investissement qui parient sur des start-ups technologiques et virtuelles qui engloutissent des millions dans leur développement avant de réaliser le moindre euro de chiffre d'affaires. "Cela peut donner des résultats dans certains secteurs, mais ce n'est pas notre modèle", précise Didier Leboutte, président du Conseil d'administration.

WSL n'investit pas ou peu, mais il conseille et accompagne les entrepreneurs dans le secteur industriel. Conçu à la base pour aider les spin-off dans le secteur spatial, WSL ne se met pas, ou plus, de limites sectorielles pour autant que les entreprises accompagnées proposent un produit le plus abouti possible. "Notre objectif est d'aider des spin-off de l'université ou des spin-out d'entreprises à développer leur produit et surtout de le vendre!", affirme encore Flémal. "Nous sommes dans le concret. C'est moins sexy que des levées de fonds à plusieurs zéros, mais c'est plus durable. Si une entreprise a des clients, elle parviendra à lever des fonds pour financer son développement", poursuit Leboutte. Le président du CA, par ailleurs directeur de l'Innovation de John Cockerill personnifie les relations que WSL entretient avec le monde industriel.

"Si une entreprise a des clients, elle parviendra à lever des fonds pour financer son développement."
Didier Leboutte
Président du conseil d'administration de WSL

Au cours de ses 20 ans de travail, le WSL s'est forgé une base de données utiles pour développer ses outils d'analyse et de conseil, comme le MatMax qui permet de trouver l'équilibre idéal entre les avancées technologiques et commerciales. En 2021, se mettra en place un module d'aide à la commercialisation et en 2022 un programme orienté sur les finances. "Les entrepreneurs rencontrent en général les mêmes problèmes aux mêmes stades de leur développement. Nous avons l'historique", note Leboutte.

Relance économique

L'incubateur s'inscrit donc très clairement dans une perspective de relance économique en gestation pour la Wallonie. "Toutes ces petites entreprises que nous suivons doivent rester en Belgique. Une start-up rachetée trop vite, pour nous c'est un échec, parce que c'est une perte de compétences", fait remarquer la directrice générale. WSL se targue d'une croissance de 20% en moyenne sur ces 20 années d'existence et plus de 70% de réussite des entreprises accompagnées. "C'est énorme, parce que cela correspond à du chiffre d'affaires", note encore Flémal.

Passés les 20 ans, WSL compte bien pérenniser son modèle. Et l'incubateur peut compter sur l'engagement du gouvernement wallon pour y arriver, si l'on en croit Willy Borsus, le ministre wallon de l'Economie. "Les résultats sont là avec près de 70 sociétés accompagnées actuellement qui représentent près de 550 emplois", se réjouit le ministre. "Le plan stratégique de WSL à l'horizon 2024 doit lui permettre de maintenir son activité. La Région est clairement dans une démarche de pérennisation de cet outil, qui a tout à fait sa place à côté des autres structures de soutien aux entreprises. Mais c'est un modèle pertinent et qui suscite d'ailleurs l'intérêt international."

Intéressement aux résultats

Et pour gagner davantage d'indépendance vis-à-vis du financement public (de l'ordre de 1,7 million par an), l'incubateur percevra à partir de 2021 un intéressement sur les résultats des entreprises accompagnées. "Un intéressement en cas de succès: soit un chiffre d'affaires de 1 million d'euro à 3 ans et un Ebitda positif. Si c'est le cas, nous percevrons 3% des actions ou l'équivalent en numéraire. Notre objectif n'est pas de nous constituer un portefeuille de participations, mais plutôt de donner aux fondateurs la faculté de se renforcer en rachetant cette participation à un prix fixé d'avance", fait remarquer Agnès Flémal.

La directrice générale estime à près de 70% la part des entreprises qui remplissent ou rempliront ces objectifs, signe aussi de l'efficacité du système.

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