Aveu de faillite pour Carwall et ses 178 employés

Le constructeur de cabines pour engins de génie civil, Carwall, dépose le bilan et emporte 178 emplois dans sa chute. Fin d’un long combat pour la survie de la filiale du groupe allemand Fritzmeier, ancien sous-traitant de Caterpillar.

C’est la fin pour Carwall. L’entreprise, localisée à Sombreffe et spécialisée dans la production de cabines pour engins de génie civil (grues, bulldozers, etc.), a fait aveu de faillite à l’issue d’un conseil d’entreprise extraordinaire qui s’est tenu ce jeudi. Les 178 emplois que compte le fabriquant spécialisé seront, en conséquence, supprimés.

"La faillite sera prononcée jeudi prochain par le tribunal de commerce de Namur", explique Catherine Margraff, permanente CSC Metea (métal et textile). "Un curateur sera désigné mais le chômage est en vue pour l’ensemble des travailleurs de l’entreprise", poursuit-elle.

"La direction de Fritzmeier ne répond pas aux questions des syndicats. Le sort de 178 travailleurs perdus au milieu de nulle part ne les intéresse pas."
Catherine Margraff
Permanente CSC Metea

Loin d’être une surprise, la faillite de Carwall intervient après une procédure de réorganisation judiciaire qui s’est terminée en septembre 2017. Depuis, la société était maintenue en vie par sa maison-mère, le groupe industriel allemand Fritzmeier, qui épurait mensuellement ses dettes, avant de décider de débrancher la prise ce jeudi 28 novembre.

"La direction de Fritzmeier ne répond pas aux questions des syndicats. Le sort de 178 travailleurs perdus au milieu de nulle part ne les intéresse pas", regrette Catherine Margraff. Du côté de la direction de Carwall, le silence est aussi de mise. Contacté à plusieurs reprises par nos soins, David Janssens, le directeur général, ne semble pas désirer s’exprimer.

Caterpillar et l’onde de choc

Le dépôt de bilan de Carwall est une conséquence indirecte de la fermeture du site de Caterpillar à Gosselies, remontant au mois de septembre 2016. Sous-traitant du géant industriel américain, Carwall ne s’est, en effet, jamais remis du départ de son client quasiment exclusif.

"Une partie des effectifs était en chômage économique depuis le départ de Caterpillar de la région, même si certains continuaient à travailler pour honorer d’autres contrats", avance encore Catherine Margraff. "À l’instar de TIM (une société fabriquant des engins de chantier, en liquidation judiciaire depuis ce mercredi, NDLR) dans le nord de la France, Carwall n’a pas réussi son projet de réorientation de la société."

Coup dur pour l’Ecar

Parmi ses rares clients restants, Carwall comptait, depuis peu, Ecar. Cette entreprise, véritable produit automobile wallon, est à l’origine de l’Ecar 333, un véhicule entièrement électrique à trois roues, actuellement à la recherche de financements et dont la production est destinée à être assurée en Belgique. Carwall avait été désigné comme assembleur potentiel de la voiture en question et le site de Sombreffe y accueille sa zone de développement depuis 2018.

"En Belgique, ce ne sont pas les assembleurs qui manquent."
Xavier Van der Stappen
Patron d’Ecar

Le constructeur spécialisé était censé aider au processus d’industrialisation de l’Ecar, dont la production en série n’a pas encore débuté. La faillite de Carwall pousse, par conséquent, Ecar à se trouver d’autres partenaires et à prendre son mal en patience.

"En Belgique, ce ne sont pas les assembleurs qui manquent", déclare, pragmatique, Xavier Van der Stappen, le patron d’Ecar. "Nous ne sommes pas en faillite, loin de là. Cette nouvelle est un coup dur pour nous dans la mesure où l’on perd un partenaire avec qui on avait envie de travailler mais cela ne constituait jamais qu’une relation entre un contractant et un sous-traitant", relativise-t-il.

Le patron met, en effet, un point d’honneur à collaborer avec des acteurs belges, implantés en Belgique. "Ce partenariat était intéressant pour nous parce qu’il nous permettait de nous reposer sur un acteur local et bien établi. Lorsque nous avons été contactés par Carwall en 2017, l’entreprise était alors en procédure de réorganisation judiciaire. La faillite était donc une éventualité que nous avions envisagée. Aujourd’hui nous recherchons activement de nouveaux partenaires", développe encore le patron d’Ecar.

En ce qui concerne le déménagement potentiel du site de Carwall à Sombreffe, Xavier Van der Stappen reste prudent. "Nous verrons bien ce qu’il se passera", dit-il. "Le curateur qui sera désigné par le tribunal de commerce nous permettra d’y voir plus clair".

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