Bon début pour l'action Shurgard à la Bourse de Bruxelles

Shurgard a défié les conditions de marché défavorables pour venir en Bourse. ©Mathieu Paternoster

La société spécialisée dans le stockage de meubles a vu son titre décoller après sa première cotation. Elle signe la plus grosse opération de la Bourse de Bruxelles en dix ans.

La Bourse de Bruxelles a accueilli ce lundi une société unique en son genre. Shurgard , le spécialiste du stockage de meubles, a débuté sa cotation après avoir levé 575 millions d’euros lors d’un placement privé auprès d’investisseurs institutionnels. Le titre a décollé après l’ouverture des marchés européens. Il a clôturé sur une progression de 4,96% à 24,14 euros. Avec une capitalisation boursière de plus de 2,1 milliards d’euros, l’entreprise basée au Luxembourg vient se classer derrière la biotech argenx  (2,26 milliards d’euros) et devant D’Ieteren   (2,01 milliards d’euros) parmi les sociétés cotées à la Bourse de Bruxelles. Euronext Bruxelles, l’opérateur du marché, précise que l’opération de Shurgard est la deuxième plus grande opération pour la place sur les dix dernières années, derrière bpost  .

"Les investisseurs ont le meilleur des deux mondes avec Shurgard."
Steven Lermytte
Analyste, KBC asset management

Shurgard est désormais cotée à Bruxelles, après une première tentative ratée à l’été 2007. Mais la société a cette fois-ci privilégié le placement privé, réservé aux investisseurs institutionnels au lieu d’une offre publique initiale. En 2007, cette opération n’avait pas réussi à fédérer les investisseurs, et avait poussé la société à arrêter la procédure. Onze ans plus tard, les investisseurs sont au rendez-vous. "Pour un investisseur, Shurgard est un placement de niche, d’un nouveau genre. La société est spécialisée dans le stockage d’actifs privés, tels que des cartons ou du mobilier, à court terme. Il s’agit de la première société immobilière dans cette activité", rappelle Steven Lermytte, analyste chez KBC Asset Management.

"Après son premier jour de cotation, Shurgard est valorisé à 20 fois ses bénéfices. Les investisseurs paient pour les attentes sur les développements de la société, car elle a indiqué vouloir s’étendre dans le futur en procédant à des acquisitions" souligne-t-il. "Le faible niveau de son bilan lui permet de se développer. De plus, ses revenus sont récurrents en tant que société immobilière. Shurgard distribue un bon dividende. La société consacre 80% de ses bénéfices aux actionnaires, alors les investisseurs ont le meilleur des deux mondes, entre une société de croissance et un dividende intéressant", ajoute-t-il.

Contre la tendance de marché

Les investisseurs ont sans doute retenu ces deux éléments clés. Car la société s’est lancée sur le marché à un moment chahuté pour les investisseurs. Plusieurs introductions en Bourse ont été reportées à cause des conditions de marché défavorables. La dernière société en date à avoir reporté son introduction en Bourse est la compagnie pétrolière espagnole Cepsa. Mubdala, le fonds d’Abou Dhabi propriétaire de Cepsa, prévoyait de lever environ 2 milliards d’euros en cédant 25% du capital de la compagnie. Il a préféré attendre, plutôt que de lancer la société ce jeudi sur le marché.

Toutefois, comme Shurgard, d’autres sociétés n’ont pas repoussé leur introduction en Bourse. Vendredi dernier, la société de technologie Anaplan  a levé 263,5 millions de dollars sur le New York Stock Exchange. Le fabricant de trains et de camions allemand Knorr-Bresme  a lui aussi bravé le marché pour s’introduire en Bourse vendredi dernier.

Toutefois, les conditions de marché peuvent aussi ralentir les activités des sociétés cotées, car ces secousses interviennent alors que la croissance économique ralentit, un défi pour toute entreprise, qu’elle soit cotée ou pas.

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