Bpost perd la tête aux États-Unis... et quid en Belgique?

Le PDG de la filiale américaine Radial démissionne alors que la position du CEO du groupe est fragilisée par l'enquête de la Concurrence. ©doc

Mauvaise nouvelle pour bpost: le dirigeant qu'il avait placé à la tête de Radial tire sa révérence. Dans le contexte trouble autour du CEO, cela fait mauvais genre.

Il se passe toujours quelque chose chez bpost. C'est en tout cas l'impression qui s'impose ces dernières semaines au vu des articles de presse et des communiqués qui s'amoncellent... L'info du jour, c'est la démission surprise d'Henri de Romrée, le directeur de l'entreprise semi-publique qui avait été nommé il y a un an à la tête des activités Colis et Logistique pour l'Amérique du Nord et donc PDG de la filiale Radial. L'ancien directeur financier de bpost y avait pris la succession de Pierre Winand, qui n'y avait "duré" lui-même que deux ans. Et comme Winand, son successeur a invoqué des raisons personnelles (familiales) pour justifier sa volonté de partir. Selon le Standaard, il faudrait lier ce départ à tout autre chose, et plus précisément au conflit qui opposerait Henri de Romrée à son CEO, Jean-Paul Van Avermaet.

Comme Pierre Winand, son successeur à la tête de Radial a invoqué des raisons personnelles (familiales) pour justifier sa volonté de partir.

Le CEO est gêné aux entournures, pour rappel, depuis que l'Autorité belge de la concurrence (ABC) a ouvert une enquête sur une entente supposée entre trois sociétés de gardiennage dont G4S, que Jean-Paul Van Avermaet avait dirigée de 2010 à 2019. Pour autant qu'il existe, bien sûr, le désaccord entre le CEO et Henri de Romrée n'y serait pas étranger: le département de la Justice américain ayant lui aussi ouvert une enquête sur le même dossier, il semblerait que des clients de Radial aux Etats-Unis aient commencé à interroger de Romrée sur les conséquences éventuelles de l'affaire.

Prolonger la chasse?

Réunis en conseil la semaine dernière, les administrateurs de bpost n'ont pas jugé opportun de remettre en doute la nomination de Jean-Paul Van Avermaet, décidée fin de l'an dernier. Selon le journal du nord du pays, le conseil d'administration aurait mandaté un chasseur de têtes pour lui chercher un successeur: une information formellement démentie par bpost via sa porte-parole. Sauf que le cabinet qui avait travaillé l'an dernier sur le dossier du successeur de Koen Van Gerven à la tête de bpost pourrait en quelque sorte "prolonger le job" sans mandat formel, pour assurer un suivi... Une hypothèse vraisemblable, puisque c'est le même cabinet qui est cité: Egon Zehnder.

S'il est difficile d'y voir clair dans cet entrelacs d'affirmations et de démentis, il reste une certitude: bpost perd bel et bien, pour la deuxième fois en peu de temps, son patron de Radial, que d'aucuns assimilent automatiquement au statut de N°2 du groupe belge derrière son CEO. Ce qui soulève une autre interrogation: est-il si pénible de diriger la filiale américaine du groupe? Winand comme de Romrée ont invoqué des raisons familiales. La gestion de la pandémie aux Etats-Unis pourrait avoir contribué à ces difficultés dans le cas d'Henri de Romrée, pas dans celui de Winand.

Candidats?

La situation délicate dans laquelle se trouvait Radial il y a un ou deux ans ne semble en revanche plus pouvoir être invoquée: la filiale se porte nettement mieux ces derniers mois, sans doute en partie parce que la crise Covid a stimulé l'e-commerce et par conséquent les logisticiens du secteur comme Radial. Alors? Faudra-t-il nommer un Américain à la direction des activités US pour pouvoir y déployer une vision à long terme?

Faudra-t-il nommer un Américain à la direction des activités US pour pouvoir y déployer une vision à long terme?

Quant à la question du CEO, elle restera ouverte tant que durera l'enquête de l'ABC. Si bpost veut le remplacer préventivement, il a perdu avec Henri de Romrée un candidat interne. Il en reste au moins deux à l'étage supérieur (au conseil d'administration): Jos Donvil, qui figurait l'an dernier dans la short-list, et le Britannique Michael Stone, également intéressé, dit-on. Sauf que le premier nommé... vient d'entrer au comité de direction du Sporting d'Anderlecht!

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