Froid Invest traverse la crise et le judiciaire avec succès

Froid Invest a repris voici trois ans le fonds de commerce et la marque Ice Concept. ©Debby Termonia

La PME liégeoise qui exploite une flotte de camions frigorifiques a gagné une manche importante au tribunal de l'entreprise: l'ancien propriétaire doit lui rembourser 12 véhicules.

La PME liégeoise Froid Invest a plutôt bien traversé la crise. Cette société spécialisée dans la location de camions frigorifiques qu'elle exploite sous la marque Ice Concept a réussi à plus que compenser les pertes d'activité diagnostiquées chez certains de ses clients. "Nos clients traiteurs ont éprouvé des difficultés mais, à l'opposé, nos clients du secteur de la viande ont été très actifs ces deux derniers mois", explique Marc Beyens, qui préside le conseil de Froid Invest. "Une partie de nos véhicules a été réquisitionnée par la ville de Liège ou la province, et nous avons bénéficié de la forte hausse des livraisons à domicile."

"Nos clients traiteurs ont éprouvé des difficultés, mais nos clients du secteur de la viande ont été très actifs ces deux derniers mois."
Marc Beyens
Président du conseil de Froid Invest

S'il est trop tôt pour mesurer tous ces effets, cette évolution laisse néanmoins augurer une croissance du chiffre d'affaires annuelle égale à celle de 2019, soit d'environ 10%. "Nous essayons à présent de capitaliser sur cette vague porteuse dans les livraisons à domicile", poursuit l'homme d'affaires.

Conflit

La direction de cette entreprise exploitant une flotte de quelque 130 véhicules a par ailleurs enregistré une bonne nouvelle sur un tout autre front, le judiciaire. Il faut se rappeler que la société a changé d'actionnaire majoritaire en 2017 et qu'elle est contrôlée, depuis, par le holding liégeois Geslease (75% du capital) avec l'invest Noshaq en soutien (10%). Resté au capital à hauteur de 15%, le fondateur était resté un temps à la direction de la société, avant que les relations entre ancien et nouveaux propriétaires ne tournent au vinaigre (voir L'Echo des 14 et 23 mai 2019). Au point d'avoir porté leur différend sur la gestion et les conditions de la cession devant les tribunaux.

Le tribunal de l'entreprise de Liège vient de rendre son jugement dans une partie de l'affaire. Il a donné raison à Geslease sur les principaux points examinés. Conséquence, l'ancien propriétaire doit lui rembourser à titre provisionnel 347.000 euros, plus les intérêts de retard, et ce jugement est exécutoire. 

Il est apparu que douze des véhicules prévus dans l'acte de vente n'avaient pas été cédés dans les faits.

Le gros de cette somme renvoie aux conditions de la cession du fonds de commerce, et plus précisément au prix. Il est apparu, en effet, que douze des véhicules prévus dans l'acte de vente n'avaient pas été cédés dans les faits. Six d'entre eux n'ont jamais été livrés à Froid Invest/Geslease et six autres ont été repris parmi les actifs vendus alors qu'ils étaient sous location. 

Tromperie

Le fondateur a contesté cette allégation en relevant entre autres que "Froid Invest aurait dû faire preuve de prudence et vérifier que tous les camions repris dans la liste se trouvaient bien physiquement dans la flotte". Ce qui a fait bondir le juge, qui a considéré l'argument comme "sidérant". "Le dol est avéré, a-t-il écrit dans son jugement, et a été d'autant mieux perpétré que (l'ancien propriétaire) était aux commandes des deux côtés pour réaliser toutes les manœuvres dolosives." Selon lui, il y a eu tromperie volontaire sur l'objet de la cession.

Le montant représenté par ces 12 camions baladeurs est évalué à 412.000 euros, dus par l'ancien propriétaire au nouveau. Le juge a toutefois accordé au premier cité 53.000 euros d’arriérés de rémunération impayés et 9.700 euros de cautions illicitement conservées, ce qui explique qu'au final, la somme à rembourser revienne à 347.000 euros.

L'affaire n'est pas terminée pour autant. La crise du Covid-19 a empêché le tribunal de statuer sur les nombreux autres points contestés. Le juge a toutefois invité les deux parties à essayer de trouver un règlement amiable avant la reprise des audiences, prévue pour le 9 novembre prochain.

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