JD'C, ou quand le travail adapté se diversifie tous azimuts

Dans son département connectique, JD'C fabrique des câbles et connecte des armoires électriques pour les secteurs de l'aéronautique et de la défense. ©AFP

L'entreprise de travail adapté s'est distinguée par son implication dans l'assemblage des kits de test créés par ZenTech. Mais elle a d'autres cordes à son arc.

Ils ont été sous les feux de la rampe ces dernières semaines car ils ont conditionné et emballé les kits de tests sérologiques de Covid-19 pour le compte de la société ZenTech, mais ils n'ont pas attendu ce contrat pour se distinguer par leur réactivité. "Ils", ce sont les Ateliers Jean Del'Cour (JD'C), la troisième des entreprises de travail adapté (ETA) en Région wallonne en termes d'emplois. L'ASBL établie à Grâce-Hollogne compte 550 collaborateurs, dont 85% sont reconnus handicapés, que celui-ci soit physique, mental ou sensoriel. Elle s'inscrit dans un paysage dense au niveau belge, puisque notre pays recense pas moins de 115 ETA, dont 52 en Wallonie, et qu'elles emploient au total quelque 23.000 équivalents temps plein avec handicap. Comme ses consoeurs, JD'C a pour objectif premier de leur donner du travail, mais elle vise aussi, comme toute entreprise dans les secteurs compétitifs, à continuer à se développer. Depuis quelques années, ce double objectif passe pour elle par une diversification poussée, mais raisonnée.

550
emplois
L'entreprise de travail adapté JD'C emploie 550 collaborateurs, dont 85% reconnus handicapés.

"Au départ, JD'C conditionnait et emballait différents produits pour une clientèle composée en majeure partie d'acteurs de la grande distribution", explique Dany Drion, qui a passé la main à la tête des Ateliers au début de cette année au profit de Pierre-Philippe Grignard, mais qui est resté conseiller auprès de la direction. "Cette activité, où nos clients s'appellent Delhaize, L'Oréal ou Alken Maes, emploie 350 personnes, dont une grande partie souffrant d'un handicap mental et consiste en opérations répétitives. On se trouve là en concurrence avec d'autres ETA, des prisons et des producteurs d'Europe de l'Est. Une concurrence sévère, qui nous a poussée à étendre nos services à toute la chaîne logistique. "Dans cette optique, JD'C a installé un hall logistique de 15.000 m2 aux Hauts Sarts. L'ASBL est désormais à même de proposer un service incluant le stockage des produits, la préparation des commandes et la gestion du transport, par camion ou en container maritime.

Acquisition en vue

"Nous nous sommes également diversifiés dans d'autres activités plus techniques, poursuit Dany Drion: la connectique, la mécano-soudure et l'environnement." C'est ainsi que JD'C fabrique des câbles et connecte des armoires électriques pour des clients comme John Cockerill, la FN, Thales ou Sonaca, qu'elle tourne et soude des pièces pour fabriquer des produits aussi divers que des lances thermiques (pour leur client ArcelorMittal), des chariots (Lunch Garden) ou des panneaux antibruit (Mice) et qu'elle entretient des espaces verts, rénove des logements sociaux ou démantèle des locaux pour des communes ou des sociétés de génie civil (Eloy, Moury...).

En termes de chiffre d'affaires, aujourd'hui, ses deux principales activités sont l'emballage/conditionnement et la connectique. La première génère 6 millions d'euros de revenu annuel, la seconde, 5 millions, sur un total de 13 millions. Mais JD'C veut compléter son offre dans la mécano-soudure. Raison pour laquelle elle négocie actuellement l'acquisition de Mecatech, une entreprise de mécanique de précision basée à Fexhe le-Haut-Clocher. Celle-ci emploie une dizaine de personnes pour un chiffre d'affaires de 1,3 million. "On devrait finaliser le deal d'ici la fin août. Ce faisant, JD'C se positionne comme un 'one stop shopping' (guichet unique) dans ce secteur: on pourra assembler tout type de produit en intégrant la connectique et la mécanique."

L'égal des entreprises ordinaires

Les Ateliers Jean Del'Cour possèdent encore une autre corde à leur arc. Elle s'appelle JD'C Innovation et à la différence de la maison mère, c'est une société anonyme à finalité sociale. "Elle produit des matériaux composites au départ de tissus préimprimés polymérisés et elle déploie aussi une activité de bureau d'étude", souligne Dany Drion. Cela permet au groupe de participer à des projets financés par la Région et par l'Union européenne: en cas de succès, ceux-ci viennent ensuite alimenter les Ateliers en commandes.

"Nous nous sommes diversifiés dans des métiers techniques, à plus haute valeur ajoutée, où nous sommes l'égal des entreprises ordinaires par nos compétences et notre savoir-faire."
Dany Drion
Conseiller à la direction de JD'C

La crise a par ailleurs amené JD'C à fabriquer ces derniers mois des patrons pour masques de protection, des masques et des surblouses. Une nouvelle diversification qui lui a déjà amené un premier client dans la mode: une jeune styliste intéressée par ses capacités dans la découpe de patrons.

"Nous sommes à la fois restés dans notre métier de base, l'emballage, qui nous permet de jouer à fond notre rôle social, et nous nous sommes diversifiés dans des métiers techniques, à plus haute valeur ajoutée, où nous sommes l'égal des entreprises ordinaires par nos compétences et notre savoir-faire", conclut le dirigeant.

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