L'avenir de Logistics Nivelles en pointillés

Pour les syndicats, l'avenir de Logistics Nivelles, un des entrepôts qui approvisionnent les Carrefour belges en produits frais et secs, s'écrit désormais en pointillés. ©Kristof Vadino

Le personnel du site qui approvisionne les Carrefour belges s'inquiète de transferts d'activités vers le dépôt de Kontich. Un conseil d'entreprise est fixé au 17 mai.

Un sous-investissement chronique, des transferts d'activités vers le dépôt de Kontich... la température sociale remonte en flèche chez Logistics Nivelles.

Cette ex-filiale logistique de Carrefour, externalisée en 1995 et détenue aujourd’hui par le géant suisse Kuehne + Nagel, alimente une partie des magasins Carrefour du pays en produits secs et frais. Problème: les missions qui lui sont confiées tendent à se réduire et les transferts d'activité en produits secs vers le dépôt anversois se multiplient. À ce stade, le frais n'est pas visé: Nivelles est le seul site d'approvisionnement de Carrefour.

533
salariés
Nivelles Logistics emploie actuellement 533 salariés (398 employés, 118 ouvriers et 17 cadres).

Des signaux jugés inquiétants par les travailleurs ont été le déclencheur d'arrêts de travail spontanés en milieu de semaine. En cause, la décision de la direction de transférer à partir de juin la moitié des colis de vins et spiritueux vers le site de Kontich. "Pour Nivelles, cela représente une perte de 5,98 millions de colis par an", souligne Barbara Leduc, permanente du syndicat libéral (CGSLB).

Tout aussi alarmant: un transfert sud-nord prochain de 11 magasins Carrefour, cela alors que Nivelles a déjà perdu 8 hypermarchés en juin 2020. Autant d'éléments qui lèvent un vent d'inquiétude sur l'emploi. Nivelles Logistics compte actuellement 533 salariés (398 employés, 118 ouvriers et 17 cadres).

"La direction affirme que ces mesures n'impacteront que 12 à 15 intérimaires, mais il est évident que des fonctions annexes vont en pâtir", soutient Barbara Leduc.

Sécurité dégradée

S'ajoute à cela une absence chronique d'investissements qui contribue à dégrader la sécurité sur le site, en particulier dans la zone de chargement. "Côté sécurité, c'est catastrophique. Le bâtiment tombe en lambeaux", lance Didier Lebbe (CNE). Qui soupçonne la direction de "mettre à mal les process pour justifier un transfert vers Kontich".

"Cela fait des semaines que l'on demande à avoir une visibilité sur l'avenir de l'entreprise."
Pascal Strube
Permanent SETCa

Autant d'éléments qui ont poussé les syndicats à réclamer un conseil d'entreprise extraordinaire. Celui-ci a été fixé au 17 mai. Au menu: la préservation du site, qui passe par des investissements. "Cela fait des semaines que l'on demande à avoir une visibilité sur l'avenir de l'entreprise", souligne Pascal Strube (SETCa). Qui s'inquiète notamment du renouvellement du contrat avec Carrefour.

Celui-ci expire en juin, mais selon le permanent SETCa, il n'a pas été renouvelé à ce stade. "À partir de juin, un préavis d'un an commencera à courir", prévient-il. Une catastrophe pour une société dont Carrefour est le seul client.

"Tout est laissé à l'abandon, rien n'est réparé. Même les téléphones ne fonctionnent plus."
Un travailleur de Logistics Nivelles

L'inquiétude du personnel grandit. Le propriétaire suisse est appelé depuis longtemps à mettre la main à la poche, mais rien ne vient. "Tout est laissé à l'abandon, rien n'est réparé. Même les téléphones ne fonctionnent plus", dit un travailleur. Qui voit avec amertume Kuehne + Nagel investir des dizaines de millions d'euros dans deux hangars ultramodernes à Tessenderlo et Zaventem.

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