L'ex-CEO de Deme visé par l'enquête de corruption en Russie

Alain Bernard, CEO de Deme jusqu'en décembre 2018, avait cédé sa place à Luc Vandenbulcke. ©BELGA

Depuis janvier, une enquête scrute le contrat décroché par Deme en Russie pour construire un canal dans l'Arctique sibérien. On apprend aujourd'hui que l'ex-CEO Alain Bernard aurait été directement impliqué.

L'entreprise de dragage Deme est au coeur d'une enquête pour fraude. Selon un document que le "Financial Times" a pu consulter, l'entreprise appartenant à CFE , aurait payé plus de 8 millions d'euros de pots-de-vin pour décrocher un contrat en Russie.

L'action CFE reculait à l'ouverture des marchés.

L'enquête avait déjà été révélée en janvier dernier. Néanmoins de nouveaux documents ont été ajoutés au dossier. Alain Bernard, à la tête de la société jusqu'à la fin de l'année 2018, y est directement cité comme "impliqué dans des activités criminelles". Trois autres suspects sont également nommés.

Couper l'herbe sous le pied de Jan De Nul

En 2013, Deme avait remporté un contrat pour la construction d'un canal d'accès au port de Sabetta, dans la péninsule de Yamal, dans l'Arctique sibérien. Ce port est la base du terminal Yamal-lng, l’un des plus grands au monde.

Un échange de mail a montré aux enquêteurs qu'Alain Bernard avait des contacts avec Sofia (la société des ex-salariés) sur les perspectives du projet et les offres des concurrents.

Deme y a été désigné comme sous-traitant de la société russe USK MOST, l'un des principaux acteurs de la construction du pays. Les travaux devaient être effectués entre 2014 et 2017. Deme coupait ainsi l'herbe sous le pied de son concurrent belge, Jan De Nul, qui connaissait pourtant le site pour y avoir effectué des travaux de dragage deux ans auparavant.

Jan De Nul soupçonnait ainsi que le contrat n'avait pas été acquis de manière totalement légale et avait averti les autorités belges. Une enquête a donc été lancée.  

"Une très belle opportunité" 

Il a été établi qu'un ancien employé de Deme et un certain Sergey Komkov, tous deux membres du comité d'évaluation de l'USK Most à l'époque, avaient joué un rôle central dans l'attribution des contrats de sous-traitance. Tous les deux auraient perçu 4,2 millions d'euros pour favoriser Deme dans le processus.

Un échange de mail a montré aux enquêteurs qu'Alain Bernard avait des contacts avec Sofia (la société des ex-salariés) sur les perspectives du projet et les offres des concurrents. Dans un mail, Sofia parle "d'une très belle opportunité pour tous". 

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect