La demande d'espaces logistiques plombée cette année en Europe

Les acteurs du secteur logistique prévoient la multiplication de centres de distribution urbains, avec des systèmes de livraison adaptés. ©REUTERS

Les marchés européens de pointe en immobilier logistique subissent le contrecoup des mesures de confinement et du ralentissement de l’activité. La croissance de l’e-commerce ne compense pas la chute brutale de la demande globale d’espaces de stockage.

Les acteurs du secteur logistique prévoient la multiplication de centres de distribution urbains, avec des systèmes de livraison adaptés. ©REUTERS

La sonnette d'alarme vient d'être tirée par le secteur, relayé par un gros opérateur néerlandais: sur 9 marchés immobiliers logistiques européens importants, la prise en occupation chutera de 32% au moins si l'activité redevient "normale" au 1er octobre. Si la conjoncture ne revient à la normale que l’an prochain, la baisse moyenne de la demande pourrait atteindre jusqu'à -50% par rapport à l'an dernier. Mais dans certains pays, la chute sera plus raide encore. 

Telles sont les prévisions d'une étude publiée cette semaine par le leader européen indépendant du secteur Buck Consultants International (BCI). Celui-ci fonde ses perspectives sur des entretiens réalisés avec les plus importants promoteurs immobiliers, investisseurs, courtiers et experts de la logistique actuellement actifs sur 9 marchés stratégiques au cœur de l’épicentre européen (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, Tchéquie et Royaume-Uni). 

-65
%
C'est la dégelée que pourraient enregistrer l'an prochain certains marchés nationaux européens sur le segment de la prise en occupation d'espaces logistiques.

Ensemble, ces 9 marchés ont enregistré une prise en occupation de 23,5 millions de m² l’an dernier. Début de cette année encore, les répondants attendaient pour 2020 environ le même volume de commandes qu'en 2019, soit 23,4 millions de m². Mais aujourd’hui déjà, ils prévoient une réduction drastique moyenne stagnant à 15,9 millions de m² seulement de prise en occupation. Voire même une baisse moyenne de 46% (12,8 millions de m²) si la situation économique actuelle se prolonge au-delà de l’automne prochain. Pour la Tchéquie ou l'Italie, la baisse pourrait même atteindre - voire dépasser - 65% sur un an.

Méga-centres et halls relais urbains 

Croiser offre et demande d’espaces de stockage par ces temps chahutés 

Les deux clusters belges VIL (Vlaams Instituut Logistiek)et Logistics in Wallonia lancent de concert une nouvelle vitrine numérique - gratuite durant un an - qui permet aux entreprises logistiques de mettre sur le marché leurs excédents de surfaces à louer, dans cette période particulièrement chahutée. La plateforme s’appelle Logimarket et est déjà en ligne. L’objectif est clair: «La crise du coronavirus a profondément secoué le secteur. Certaines entreprises ont vu leurs activités décliner de manière brutale; d'autres, par contre, font face à une énorme augmentation de la demande. Le redémarrage imminent des chaînes d'approvisionnement va également provoquer des déséquilibres. Logimarket permet de faire se rencontrer l'offre et la demande», motive Bernard Piette, directeur de Logistics in Wallonia.  

 

Parmi les autres paramètres significatifs pour 2021, outre le net ralentissement de la demande en occupation, les acteurs du marché logistique prévoient la mise en place de nouveaux méga-centres de distribution (plus de 40 000 m²), avec les Pays-Bas, l'Allemagne et la Pologne comme marchés favoris. Ils pointent également l’accélération de nouvelles initiatives, telles que la multiplication de centres de distribution urbains (halls-relais) dans toutes les métropoles européennes. 

"Il est évident qu'il existe des différences entre les neuf pays analysés et leurs sous-marchés régionaux", précise René Buck, le patron de BCI. "La croissance accélérée du commerce électronique, des niveaux de stocks plus élevés afin de créer des chaînes d'approvisionnement plus résilientes face aux risques, ainsi que la possible relocalisation d’activités d'assemblage essentielles réorienteront la demande de biens immobiliers logistiques", prévient-il déjà. 

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