La malédiction des CEO des opérateurs historiques

Avant de diriger bpost, Jean-Paul Van Avermaet pilotait la société de gardiennage G4S: c'est à celle-ci et à deux de ses concurrentes que s'intéresse aujourd'hui l'ABC. ©Tim Dirven

Après Dominique Leroy, Jean-Paul Van Avermaet va-t-il lui aussi faire les frais de cette malédiction qui semble poursuivre les dirigeants des anciens opérateurs historiques? Le contexte lui est toutefois plus favorable...

Que vaut la présomption d'innocence quand on est le patron d'une grande entreprise très visible sur le plan médiatique? Jean-Paul Van Avermaet, le CEO fraîchement nommé de bpost, doit se poser la question en méditant sur le sort d'une autre CEO d'entreprise semi-publique cotée, Dominique Leroy, ex-Proximus et presque ex-KPN...

Entré au service de bpost il y a 5 mois, Jean-Paul Van Avermaet est dans le viseur de l'Autorité belge de la concurrence (ABC) qui enquête sur d'éventuelles ententes sur les prix entre trois entreprises de gardiennage, Securitas, Seris et G4S. À l'époque des faits analysés, il dirigeait G4S en Belgique. Les sociétés visées risquent une amende, leurs CEO, une sanction pénale.

Bpost a pris acte de l'enquête préliminaire menée par l'ABC, tandis que son CEO a réagi en déclarant: "Si on me le demande, je coopérerai à l'enquête préliminaire", et en précisant: "j'ai toute confiance sur son bon déroulement".

Le cas de Dominique Leroy était certes différent, elle était (est toujours) soupçonnée d'avoir commis un délit d'initié en vendant des actions Proximus alors qu'elle savait éventuellement qu'elle allait quitter son poste. Inculpation ne vaut pas culpabilité, mais la révélation de l'enquête avait suffi pour KPN, qui avait renoncé à l'engager. Par précaution...

Quand on se remémore l'énergie déployée par le conseil de bpost pour trouver un successeur à Koen Van Gerven qui séduise à la fois l'État actionnaire, les investisseurs, le personnel et l'opinion, on frémit à l'idée qu'il faille tout recommencer. On n'en est pas là, heureusement, et les syndicats postiers ont déjà dit qu'ils attendraient les conclusions de l'ABC, qu'on découvrira dans un an au plus tôt. On gage que le fédéral a aussi autre chose à faire que de s'alarmer anticipativement en tant que 1er actionnaire de bpost. C'est tant mieux pour son CEO et pour tout le monde aujourd'hui, c'est sans doute la raison pour laquelle il paraît plus stabilisé que Dominique Leroy, cela et le caractère belgo-belge de l'affaire... Mais quid si dans 12 mois l'ABC le juge "coupable" d'entente? Pourra-t-il conserver son poste ou devra-t-il partir? La malédiction des CEO des ex-monopolistes va-t-elle continuer de sévir? Dur, dur, d'être aussi visible... 

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