Lokabox monte au box-office du stockage en s'attaquant à Bruxelles

©Anthony Dehez

Le petit challenger wallon du géant international Shurgard dans le marché du self-stockage passe à l’offensive sur Bruxelles. Il va commencer à y exploiter cette année deux nouveaux centres moyennant un investissement de 8 millions d’euros.

Le principal challenger du groupe international de self-stockage Shurgard en Wallonie s’appelle Lokabox. Cette PME belge, qui a ouvert son premier centre d’entreposage pour particuliers et professionnels en 2008 à Jumet (Charleroi), prépare son arrivée sur le marché bruxellois. Elle est en train d’investir 8 millions d’euros dans l’acquisition et l’aménagement de deux nouveaux centres de self-stockage: l’un ouvrira d’ici l’été à Zaventem, près du magasin Ikea de Nossegem, l’autre sera opérationnel d’ici la fin de l’année à Forest, à peu de distance de la rue Saint-Denis. Avec ces deux nouveaux sites, Lokabox en comptera six au total, ce qui portera sa capacité d’accueil à quelque 3.000 boxes, contre 2.000 aujourd’hui. Ses autres emplacements sont situés à Liège, à Alleur et Nivelles.

Lokabox
  • Lokabox a été fondée en 2006 par Damien Van Strydonck avec des investisseurs privés et des business angels
  • Elle exploite des centres de self-stockage à Liège, Alleur, Jumet et Nivelles et en ouvrira cette année à Forest et Zaventem
  • Elle a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires de 3 millions pour 1,2 million d’ebitda

"Ce marché est en plein boom en Belgique et dans les pays voisins, souligne Damien Van Strydonck, le fondateur et CEO de Lokabox. Il y a encore beaucoup à y faire. Le réflexe de penser au self-stockage entre peu à peu dans les habitudes des gens. Nous avons remplacé les anciens garde-meubles, un métier auquel on a ajouté une dimension de service. On n’offre plus uniquement une solution de dépannage lors d’un déménagement, mais également un espace-tampon qu’utilisent les citoyens pour placer leur mobilier de jardin pendant l’hiver, par exemple. Les gens vivent dans des habitations plus petites qu’avant, ce qui a modifié leurs besoins."

La clientèle se recrute aussi bien parmi les particuliers que chez les professionnels. "De petites entreprises recourent à nos services pour entreposer leur matériel. Des commerçants placent leurs stocks dans nos centres. De plus grandes sociétés les utilisent pour les stocks tampons de leurs représentants commerciaux. Des entreprises de dépannage 24h sur 24 déposent leurs outils chez nous… En résumé, nous servons de hub pour les professionnels."

Un pharmacien à vocation entrepreneuriale

30 millions €
L’ensemble des actifs immobiliers de Lokabox, les deux nouveaux centres inclus, représente une trentaine de millions d’euros.

Au départ, rien ne destinait Damien Van Strydonck à créer pareil business. Après avoir décroché un diplôme de pharmacien, l’homme s’est découvert une passion pour le marketing et a entamé sa carrière au service du géant français des cosmétiques L’Oréal. Il y a fait ses premières armes dans la maîtrise des techniques commerciales, puis a parfait ses connaissances (et préparé sa reconversion) en suivant un programme de MBA, spécialisation finances, à l’Insead. Il s’est souvenu alors que sa famille avait toujours eu une brique dans le ventre et qu’elle avait développé une affaire dans la logistique sur les hauteurs de Herstal. Logistique et marketing: quelle activité lancer au départ de ces deux prémisses? Ce questionnement a tout naturellement porté notre entrepreneur en herbe vers le secteur du self-stockage: "Le défi consiste dans ce secteur à gérer de l’espace et créer une marque", récapitule-t-il. Exactement ce qu’il cherchait.

À l’âge de 33 ans, il a convaincu quelques connaissances ainsi que des business angels de participer à l’aventure et a fondé avec eux, en 2006, la société Lokabox, au capital initial de 1,4 million d’euros. La mise en route a pris deux ans. Le centre de self-stockage de Jumet, qui a nécessité un investissement d’un peu plus de 4 millions, a commencé à héberger les meubles et marchandises des premiers clients en 2008.

"En moyenne, on met deux à trois ans pour remplir les capacités d’un centre, dit-il. Les box font de 1 à 50 mètres cubes, et chacun de nos centres contient au moins 400 boxes. Les clients occupent en moyenne leur box durant neuf mois, mais c’est très variable d’un client à un autre, cela va de trois mois à deux ans. Nous leur offrons un service très flexible: ils peuvent mettre fin à une location du jour au lendemain, sans préavis."

Le chiffre d’affaires que réalise la PME s’affiche chaque année en progression. L’an dernier, il a atteint les 3 millions d’euros, avec un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 1,2 million. "On prévoit d’ajouter 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires quand nos deux nouveaux centres seront entièrement opérationnels. Et notre objectif est de parvenir à 2 millions d’Ebitda dans les trois ans."

Renforcement

Lokabox possède chacun des centres qu’il exploite. Les deux nouveaux seront financés par emprunt bancaire auprès de deux des principales institutions de la place, BNP Paribas Fortis et Belfius. Les deux mêmes banques ont aidé l’entreprise à consolider ses dettes au début de cette année. "Celles-ci étaient réparties sur plusieurs entités. On a tout rassemblé en un seul pool et on a refinancé l’ensemble en une seule grosse ligne de crédit, à partager à 50-50 entre les deux banques. Cela s’est traduit par une nette amélioration de la tarification de nos emprunts, ce qui nous a donné de l’oxygène pour assurer notre développement."

L’entreprise a aussi mis les deux derniers exercices à profit pour renforcer ses services de back-office et créer un département de suivi clientèle. Elle s’est équipée de logiciels ad hoc (relations clients CRM, systèmes d’information ERP…) et a investi dans sa présence sur internet. "Il est très important de défendre notre réputation sur le web. C’est comme pour les hôtels et restaurants, les notes et les feed-backs postés par les clients jouent un rôle essentiel dans notre stratégie de marketing. On est très content sur ce plan, car on obtient les meilleures notes du secteur avec des 4,8 et 4,9 points sur 5."

Bruxelles avant la Flandre

S’il revendique le titre de numéro 2 du marché au sud du pays, Lokabox s’apprête à peine à découvrir Bruxelles et est absent de Flandre. "Nous allons sans doute continuer de nous déployer à Bruxelles, indique Damien Van Strydonck. Ensuite, viendra la Flandre. Mais on a attendu l’année 2019 avant de nous attaquer à la capitale parce que cela suppose des investissements conséquents." Pour la même raison, le dirigeant refuse de se lancer dans des prévisions de conquête chiffrées: "On ne se fixe pas d’objectif en nombre d’ouvertures. On s’amuse! Mais, cela dit, je suis convaincu qu’on ouvrira d’autres centres en 2020."

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Lokabox emploie 18 équivalents temps plein et va passer à 23 en inaugurant ses deux sites bruxellois. C’est une activité peu intensive en main-d’œuvre, on s’en doute: il faut compter deux personnes pour gérer un centre, en moyenne. Autrement dit, la moitié de l’effectif s’occupe des tâches de back-office, de suivi et de management.

"Le personnel s’avère très stable et fidèle", observe le CEO. La même remarque peut être formulée à l’encontre de ses actionnaires: nombre d’entre ceux qui ont souscrit des parts au début de la saga sont restés à bord jusqu’à aujourd’hui, y compris parmi les business angels.

"On ne verse pas de dividende, on réinvestit tout dans le développement." Un pari logique, puisque le marché devrait continuer à s’agrandir ces prochaines années, avec l’évolution des services et la tendance à la réduction des habitations.

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