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Never waste a good crisis

Rédacteur en chef

Bpost face aux survolumes de colis et aux critiques.

Il y a des jobs qu’on prend, parfois, sans savoir ce qui va nous tomber sur la tête. Et heureusement, complèteront certains. Dire que la vie de Jean-Paul Van Avermaet est un long fleuve tranquille depuis que l’homme a été nommé CEO de bpost serait mentir.

Passons le challenge d’intégrer Radial, dont l’acquisition aux États-Unis s’est avérée une galère. Passons le cas personnel. Van Avermaet est aujourd'hui, pour rappel, la cible d’une double enquête judiciaire – en Belgique et aux États-Unis – pour des allégations d’entente illégale sur les prix dans l’exercice de sa précédente fonction.

Concentrons-nous sur bpost et sur ses affaires. 

Bpost connaît, avec la deuxième vague qui frappe et comme toute entreprise de première ligne en temps de Covid, une période de crise. L’e-commerce explose. Le nombre de colis à traiter atteint des records. Et c’est toutes les parties prenantes qui sont sous tension. Les postiers sont fatigués. Les entreprises qui confient habituellement leurs paquets à livrer stressent de rater les effets Noël et Black Friday. Les consommateurs finaux s’énervent des retards qui s’accumulent. Normal.  

Reste à voir comment l’entreprise s’en sortira.

Jean-Paul Van Avermaet a précisément été engagé pour faire de bpost un champion au minimum national des métiers liés au commerce en ligne.

"Never waste a good crisis", disait Churchill.

Jean-Paul Van Avermaet a précisément été engagé en février 2020 pour parvenir à faire muter bpost. Pour transformer, concrètement, le plus grand employeur belge (34.000 facteurs) en un champion, au minimum national, des métiers liés au commerce en ligne.

La mission est colossale mais, cette crise Covid, c’est un accélérateur de particules.

Si Jean-Paul Van Avermaet traverse cette crise à flot, s’il parvient à concrétiser l’effet d’aubaine, s’il en tire des avancées structurelles au niveau de son organisation et non uniquement des mesures sparadraps, il nous aura prouvé que bpost dispose d’un patron fort. Ses ennuis personnels auront été vite oubliés.

S’il y a rupture de continuité, que l’entreprise perd ses gros clients au profit d’autres acteurs du marché ou que ses livreurs partent en grève la veille du 6 décembre, il aura échoué.

Il sera, alors, grand temps pour Alexander De Croo et son gouvernement de se pencher sur l’état d’une entreprise dépassée par ses missions. Et sur les faiblesses de son patron.

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