Restructuration monstre pour Caterpillar. Quel impact en Belgique?

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Le fabricant d'engins de chantier va supprimer 10.000 emplois dans le monde. A la Bourse de New York, le titre coule. Une vingtaine de sites seront contraints de mettre la clé sous le paillasson. Chez nous, l'entreprise américaine emploie un peu plus de 2.000 personnes. Depuis 2013, 1.400 postes ont été supprimés sur le site de Gosselies.

Caterpillar va supprimer 9% de ses effectifs à travers le monde, soit 10.000 postes qui passent à la trappe. De plus, l'entreprise US va fermer plus d'une vingtaine de sites pour faire face à la détérioration de la conjoncture économique.

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La suppression de la moitié des emplois concernés interviendra d'ici fin 2016, a annoncé le groupe américain qui espère ainsi économiser 1,5 milliard de dollars par an. Il devrait terminer sa mue à l'horizon 2018. 

Pour l'instant Caterpillar ne donne de détails ni sur les régions ni sur les postes qui vont être affectés. Les indemnités de licenciement et autres coûts liés à la clôture des implantations s'élèvent à environ 2 milliards de dollars.

"Nous faisons face à une convergence de conditions de marché difficiles dans des régions et des secteurs industriels clefs, notamment les mines et l'énergie."
Doug Oberhelman
CEO de Caterpillar

Déjà 31.000 emplois en trois ans

Le patron de Caterpillar, Doug Oberhelman se dit "confiant" que les nouvelles mesures de réductions de coûts vont permettre à son groupe d'être en pole position pour profiter d'une "amélioration de la demande", actuellement en berne. La forte faiblesse du secteur minier, le déclin des commandes pour l'industrie pétrolière du fait du plongeon des prix du pétrole et une érosion des ventes liées au secteur de la construction dans les économies émergentes en difficulté, notamment en Chine et au Brésil, plombent Caterpillar.

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A ceci s'ajoute le renchérissement du dollar, qui rogne ses revenus engrangés à l'étranger et rend chers ses engins pour des clients hors zone dollar. Caterpillar a ainsi abaissé jeudi d'un milliard de dollars son objectif de chiffre d'affaires annuel 2015, désormais attendu à 48 milliards de dollars, contre 49 milliards en juillet.

Le groupe de 90 ans est ainsi bien parti pour enregistrer sa troisième baisse consécutive de revenus et de bénéfices. Et l'année 2016 ne devrait pas échapper à cette dynamique négative, prévient Caterpillar.

La situation en Belgique: 28 grèves en 18 mois

Alors qu'un mouvement de grogne (voir encadré plus bas) avait bloqué le site de Gosselies en début de semaine, aucun chiffre n'a encore été communiqué aux travailleurs belges de Caterpillar.  Un peu plus de 2.000 personnes travaillent pour Caterpillar en Belgique. Il y a 2 ans, ils étaient encore 3.400.

A l'heure actuelle, le carnet de commande bien garni de la ligne des chargeurs sur pneus et de celle des essieux devrait assurer le maintien de l'emploi jusqu'à la fin de cette année.

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Pour les autres divisions (assemblage, composants et mécano-soudé), les lignes d'assemblage tournent depuis de longs mois avec un chômage économique de l'ordre de 30%.

Sur les dix-huit derniers mois, a calculé la direction, Caterpillar Gosselies a connu 16 jours d'arrêts de travail sauvage et 12 jours de grève, bloquant tout ou partie des lignes de production. Un cas unique au sein des entités de production du groupe US. De quoi menacer le retour à la compétitivité, programmé à Gosselies pour fin 2015, après un programme d'investissement de 150 millions d'euros?

Un conseil d'entreprise s'est tenu ce jeudi chez Caterpillar Gosselies, après plusieurs jours de tension, qui faisaient suite au licenciement annoncé la semaine dernière d'un ouvrier du siège. Les accès, ouverts au personnel dès mercredi, l'ont encore été ce jeudi.

La grève entamée vendredi s'était poursuivie lundi et mardi, avec, cependant, un accès à nouveau autorisé dans l'après-midi de mardi, aux travailleurs qui avaient souhaité reprendre le travail. Ils s'étaient manifestés en se rendant en délégation à l'Hôtel de Ville de Charleroi mardi matin, où ils avaient été reçus par le collège communal.     

On avait encore noté une nouvelle interruption de travail mercredi en fin de matinée et, dans l'intervalle, la direction avait fait savoir que chaque jour d'arrêt obligerait à faire assembler dans le siège d'Aurora, aux Etats-Unis, les chargeurs sur pneus attendus par la clientèle et que Gosselies ne pourrait fournir pour cause de grève.    

Jeudi matin, les accès étaient à nouveau libres au siège de Gosselies et une réunion du conseil d'entreprise s'est tenue, qui a abouti à la décision de demander la réunion d'un comité de conciliation, au siège du SPF Emploi. Il y sera question du licenciement litigieux, de la productivité et du chômage économique du siège de Gosselies, de l'avenir de l'entreprise et de la concertation sociale dans le même siège.

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