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analyse

Verdir les livraisons de colis? Les opérateurs le font déjà... un peu

Pour la ministre Petra De Sutter, l'heure est venue de s'attaquer au "derniers kilomètres" des livraisons. ©BELGAIMAGE

Petra De Sutter souhaite que bpost et ses concurrents livrent les colis de manière plus verte. Le secteur fait déjà des efforts, mais le chantier reste énorme.

La ministre des Entreprises publiques Petra De Sutter voudrait "verdir" le commerce électronique. Elle propose que les surcoûts impliqués par la livraison d'un colis en 24 heures soient comptés dans le prix, ainsi qu'elle l'a expliqué au Laatste Nieuws et au Morgen. La ministre souhaite également que les derniers kilomètres deviennent plus écologiques, car c'est là que les opérateurs émettent le plus de CO2. Il faudrait envisager l'aménagement d'écozones à la périphérie des villes, à partir desquelles la répartition vers des points de retrait locaux se déroulerait, dit-elle.

De bonnes idées? Dans le secteur, on souligne que des pas sont déjà faits dans ces directions, sans nier qu'on puisse en faire davantage.

Namur et Mons après Malines

Concernant le dernier kilomètre, on relèvera que bpost a déjà développé une écozone de ce type. Il a choisi Malines pour y déployer tout un attirail de solutions vertes: vélos cargo, véhicules électriques et points de retrait. De quoi en faire une zone de distribution de lettres et de colis "à zéro carbone". Seulement voilà, ce n'est qu'un test grandeur nature dans une seule ville. Mais, bonne nouvelle, le groupe a l'intention de multiplier ces écozones: il est en train de les mettre en œuvre à Namur et à Mons.

Après Malines, bpost va créer une écozone à Namur et à Mons.

Pour le reste, bpost ne se prononce pas: "C'est la ministre qui fixe la politique, réagit-on au siège de bpost. Quant à nous, nous nous concentrons sur notre activité, nos clients et la préparation du pic de fin d'année."

Au cabinet de Petra De Sutter, on précise que la ministre a lancé ses idées sur le sujet de manière à ouvrir le débat. Il n'y a pas encore de texte à soumettre à l'ensemble de l'esquif fédéral. Un ballon d'essai, en somme. Mais le secteur a déjà été consulté ce mois-ci lors de deux "workshops" (ateliers).

L'avis du pionnier

En attendant, plusieurs concurrents de bpost se sont déjà investis dans le "dernier km" avec pour ambition de rendre plus écologique cette partie cruciale de la distribution. Des grands comme des petits acteurs. Parmi ces derniers, Ecopostale a fait œuvre de pionnier. La PME avait été une des premières à proposer de livrer les colis à vélo en 2010. Elle est toujours là aujourd'hui et propose notamment des livraisons sur Bruxelles à vélo, vélo cargo et en camionnettes électriques. Via des partenaires, elle assure le même service sur Anvers et Gand. Pour son fondateur Nicolas Etienne, la création de hubs périphériques pour desservir proprement les centres urbains est une mauvaise idée: "Tout le monde a essayé d'en installer autour de Bruxelles, dit-il, et on a vu que ça ne marchait pas. Imaginez par exemple qu'on établisse le hub à Ganshoren, comment voulez-vous assurer un trajet à vélo sur Auderghem?"

"Tout le monde a essayé d'installer un hub colis autour de Bruxelles. Et on a vu que cela ne marchait pas."
Nicolas Etienne
fondateur, Ecopostale

Nicolas Etienne estime aussi que faire payer un éventuel surprix pour les livraisons en 24 heures ne permettrait pas d'atteindre le but poursuivi. "En logistique, allonger les délais ne résout pas les problèmes, cela ne fait que les décaler. Les volumes seront toujours là, agrandis par les nouvelles commandes au jour + 1..." A noter que l'IBPT a fait une étude sur la question, qui montre que les particuliers ne sont pas demandeurs d'une livraison le jour-même. Selon cette même étude, ils sont prêts à attendre trois jours si cela permet de regrouper les livraisons, une solution jugée plus durable.

Le patron d'Ecopostale applaudit, par contre, la dernière idée tirée du chapeau de la ministre: élaborer un cadre légal pour harmoniser les conditions sociales et écologiques de tout le secteur. "Mais il faudrait qu'on prouve le caractère écologique de ce qu'on entreprend."

"D'ici 2025, nous serons à zéro émission sur le dernier km dans tous les centres-villes. Et en 2030, nous y arriverons partout aux Pays-Bas et en Belgique."
Lies Florentie
porte-parole, PostNL Belgium

Parmi les grands concurrents de bpost, des acteurs comme PostNL et GLS investissent également ce créneau. Le néerlandais PostNL se montre particulièrement ambitieux sur le dernier km: "D’ici à 2025, nous serons à zéro émission sur le dernier km dans tous les centres-villes, dit sa porte-parole pour la Belgique Lies Florentie qui ajoute que son groupe investit fortement dans ce créneau. Et en 2030, nous y arriverons partout aux Pays-Bas et en Belgique." En recourant à des vélos et des camionnettes électriques exclusivement. À plus long terme (2050), PostNL veut devenir zéro carbone... sur le premier kilomètre également.

GLS s'est aussi fixé pour objectif d'arriver à zéro émission, mais est plus avancé aux Pays-Bas et en Allemagne. "En Belgique, différents véhicules à propulsion alternative (vélos électriques et mini van électriques) sont également testés sur le dernier kilomètre afin de pouvoir être systématiquement déployés par la suite", nous signale sa filiale belge. A suivre...

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