Le spécialiste belge de l'accueil Proxyclick s'offre l'Amérique

"Les États-Unis et le Canada sont nos marchés les plus importants. Ils représentent environ 50% du chiffre d’affaires", explique Geoffroy De Cooman, cofondateur et chief product officer de Proxyclick. ©Tim Dirven

La start-up bruxelloise spécialisée dans le management de visiteurs lève 15 millions de dollars. Cette deuxième levée de fonds de sa jeune histoire se fait auprès d’un fonds américain. L’ambition est de largement accroître la présence aux États-Unis.

Un service utilisé 30 millions de fois en six ans. Les premiers résultats du début de l’histoire de Proxyclick sont assez prometteurs. Pourtant, la plupart de ses utilisateurs ignorent sans doute avoir déjà eu recours aux services de la start-up belge. Il faut dire que son activité n’est pas vraiment la plus visible. La start-up bruxelloise est spécialisée dans le management des visiteurs, via principalement l’enregistrement des personnes entrant dans une entreprise.

Aujourd’hui la Belgique représente moins de 10% de nos revenus. Les États-Unis et le Canada sont nos marchés les plus importants.
Geoffroy De Cooman
Cofondateur de Proxyclick

Si ce check-in digitalisé à faire sur une tablette semble souvent anecdotique pour le visiteur, il n’en reste pas moins une opération essentielle pour la bonne gestion d’entreprise. "Avec les badges d’accès, les sociétés parviennent désormais à avoir un assez bon contrôle sur les déplacements de leurs employés dans les bâtiments. Mais la gestion des entrées de personnes extérieures est beaucoup plus floue", explique Geoffroy De Cooman, cofondateur et chief product officer de Proxyclick. De quoi donc en faire un business prometteur.

7.000 bâtiments équipés

"Aujourd’hui la Belgique représente moins de 10% de nos revenus. Les États-Unis et le Canada sont nos marchés les plus importants. Ils représentent environ 50% du chiffre d’affaires. Le reste se fait partout dans le monde entier", détaille le cofondateur. La solution de Proxyclick est aujourd’hui présente dans 7.000 bâtiments, partout dans le monde. Ses plus belles collaborations se font avec des noms comme Airbnb, L’Oréal, Vodafone, Revolut, PepsiCo.

Du côté de ses chiffres comptables, l’entreprise préfère néanmoins rester discrète. Sa perte à reporter dans le dernier bilan de la société était de près de deux millions d’euros. L’entreprise justifie toutefois ce résultat par sa recherche de croissance. "Notre chiffre d’affaires a été multiplié par cinq depuis notre première levée de fonds en novembre 2017", se contente de préciser Geoffroy De Cooman.

15 millions
de dollars
Après avoir levé 3 millions d’euros en 2017, Proxyclick vient de réaliser un deuxième tour de table de 15 millions de dollars auprès, notamment, d’un fonds américain.

Doubler les effectifs

L’effort mis sur la croissance n’est d’ailleurs pas près de s’arrêter. La start-up bruxelloise vient de clôturer une deuxième levée de fonds, cette fois de 15 millions de dollars. Elle a été réalisée auprès du fonds américain Five Elms Capital et Join Capital, un fonds allemand, déjà dans l’aventure Proxyclick depuis 2017. À l’époque, lors de sa première levée, la jeune pousse avait alors récolté trois millions d’euros. L’argent levé cette fois-ci servira à faire grandir la boîte. Largement.

Aujourd’hui, une cinquantaine de personnes travaillent pour le groupe. La majorité de l’équipe se trouve au siège principal à Woluwe-Saint-Pierre. "Nous avons également un petit bureau d’une dizaine de personnes à New York. L’ambition est de doubler les effectifs et de se focaliser sur le développement du bureau américain. Gregory Blondeau, l’un des trois cofondateurs va d’ailleurs s’y rendre pour le diriger." Proxyclick le sait déjà, l’ambition de recrutement ne sera pas simple à concrétiser. "On se retrouve totalement dans les difficultés qu’a Odoo (la scale-up wallonne qui a levé en décembre dernier 82 millions d’euros) à trouver des talents."

Pour le moment en Europe, nous sommes clairement le plus grand acteur. Nos concurrents se situent plutôt sur le continent américain et assez étonnamment en Océanie.
Geoffroy De Cooman

Un secteur en pleine expansion

Pas vraiment le secteur d’activités le plus connu, le visitor management est en pleine croissance. Aujourd’hui les acteurs de classe internationale du marché, comme Proxyclick, sont encore peu nombreux. "Pour le moment en Europe, nous sommes clairement le plus grand acteur. Nos concurrents se situent plutôt sur le continent américain et assez étonnamment en Océanie où il y a aussi quelques gros acteurs."

Sur les sites spécialisés classant notamment les différentes offres, Proxyclick occupe systématiquement le haut du classement. Son principal concurrent, le canadien Traction Guestdispose d’un parcours assez semblable. En juin dernier, l’entreprise fondée il y a trois ans a levé 17 millions de dollars.

L’argument de la sécurité

Assez étonnamment, le management des visiteurs est à peu près l’un des derniers aspects de l’entreprise qui n’ait pas encore été digitalisé.
Geoffroy De Cooman

Pour vendre leurs services, les acteurs du marché appuient leur argumentaire sur la sécurité. "Notre check-in permet d’avoir une liste d’urgence incendie toujours à jour. Nous développons aussi des fonctionnalités permettant d’augmenter la sécurité. Nous avons, par exemple, des systèmes de reconnaissance faciale qui permettent de comparer la similitude entre un visiteur et sa carte d’identité. Cela nous permet aussi de réaliser des listes noires ou multiplier les contrôles pour les sites sensibles qui doivent limiter certains accès en fonction des visiteurs."

Le marché à prendre est encore large. Dans beaucoup de cas encore, le bon vieux registre papier reste l’unique moyen de connaître les passages dans un bâtiment. "Ce qui est d’ailleurs complètement contraire aux nouvelles normes GDPR", sourit le fondateur de Proxyclick. "Assez étonnamment, le management des visiteurs est à peu près l’un des derniers aspects de l’entreprise qui n’ait pas encore été digitalisé", conclut Geoffroy De Cooman.

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