Be Angels lance Scale 2, un fonds de refinancement à 15 millions d'euros

©Debby Termonia

Les business angels de Claire Munck ne se limitent plus au capital d’amorçage.

C’est l’un des réseaux européens de business angels les plus actifs. Après 5 ans d’existence, Be Angels dresse un bilan plus que positif de ses activités. "Non seulement la capacité d’investissement du réseau a augmenté avec un record de 4,5 millions d’euros investis rien qu’en 2018 mais également, et c’est peut-être encore plus intéressant, la capacité de refinancement des investisseurs", constate Claire Munck, la CEO de Be Angels.

En 2017, Be Angels avait ainsi créé Scale 1. Ce premier fonds pilote de 2,5 millions d’euros avait été créé pour répondre au besoin de refinancement des sociétés dites post-business angels et pré-VC, autrement dit pour investir en phase de relais. Arrivé au terme de la période d’investissement, Scale 1 a investi dans 5 dossiers (Musimap, Wooclap, Phasya, Aquilon et Mobile My Day).

Du capital relais

"De manière générale, on observe que le venture capital est en train de se détourner du seed parce qu’à force de se dire qu’il y a un problème sur le scaling-up, c’est là qu’on engage tous les moyens. Pour une entreprise, cela suppose que tu as déjà ton équipe complète, que tu as trouvé un marché, voire que tu génères déjà un chiffre d’affaires récurrent. Mais entre l’amorçage et ça, il y a différentes phases qu’il faut soutenir aussi", explique Claire Munck.

Les chiffres clés

88 dossiers financés

Sur ces quatre dernières années, le réseau Be Angels a financé près de 90 dossiers.

Taux de survie de 85%

La grande majorité des sociétés financées par Be Angels ces quatre dernières années existent encore aujourd’hui.

13,8 millions d’euros levés

Be Angels a participé à près de 110 levées de fonds ces quatre dernières années pour un total de 13,8 millions d’euros.

Les fonds Scale ont donc été imaginés par Be Angels pour faire le relais et accompagner les entrepreneurs vers la prochaine étape. Modestement d’abord avec Scale 1 et désormais de manière plus ambitieuse avec Scale 2 qui sera capitalisé à hauteur de 15 millions d’euros. "On parle ici de tickets compris entre 300 et 500.000 euros pour des levées de fonds comprises entre 1 et 1,5 million d’euros", souligne Claire Munck.

Sur ce segment et ces montants, les acteurs sont encore peu nombreux en Belgique. "Il y a évidemment des acteurs publics comme Sambrinvest ou Meusinvest, par exemple, mais ils ont besoin du soutien privé pour le cofinancement", estime encore la CEO de Be Angels. En outre, le réseau peut compter sur quelques family offices, voire des "super angels" mais on ne peut pas vraiment parler de solution de financement structurelle.

"Avec Scale 2, on veut proposer des solutions qui fluidifient la chaîne de financement, commente Claire Munck en ajoutant que ça ne doit pas forcément être automatique non plus. Scale 1 visait uniquement des dossiers préalablement soutenus par Be Angels. Scale 2, ce sera majoritairement le cas. On aura une équipe d’investissement dédiée mais on doit s’assurer que le business angel croit dans le dossier et s’engage autant financièrement qu’en termes d’accompagnement."

Scale 2 devrait être opérationnel pour le mois de juin. Il sera constitué à 40% de public, 30% d’institutionnels privés et 30% de privé. Avec un ticket d’entrée fixé à 150.000 euros, il vise entre 15 et 20 investissements dans les 4 prochaines années, suivi par une période de désinvestissement de six ans.

De business angel à business builder

Pour Claire Munck, le fait que les business angels sont amenés à réinvestir de plus en plus est sans doute le signe d’un manque dans la chaîne de financement. "Ils sont supposés faire l’amorçage et passer le relais ensuite. Ce qu’on remarque, c’est que ce relais est de plus en plus lointain, ce qui les force à refinancer, estime-t-elle. Leur rôle est en train de changer. Les réseaux comme Be Angels ont d’ailleurs œuvré en ce sens aussi."

En 2017, Be Angels a investi 4,1 millions d’euros, participé à 40 levées de fonds et 11 refinancements. L’année dernière, sur le même nombre de levées de fonds, 20 dossiers ont été refinancés. "Avec Scale 1, on a mis en place tous les outils pour structurer la communauté d’investisseurs et on observe clairement un changement de paradigme avec des volumes investis plus importants et un taux de refinancement plus élevé", juge Claire Munck.

Plus globalement, la CEO de Be Angels remarque que les réseaux comme le sien ne se limitent plus à faire de la mise en relation. "Quelque part, on est un peu devenu des business builders. On est présent à chaque moment: on commence avec les SIBA étudiants entrepreneurs en leur mettant le pied à l’étrier et ensuite ils se financent chez Be Angels. Après, on a les fonds Scale, on peut encore les amener à avoir des débouchés commerciaux et on a également développé un programme de corporate membership. On est plus qu’une place de marché, on aide à construire des business", conclut Claire Munck.

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