Les Big 4 continuent d'engager en Belgique, Deloitte en pôle

Le Covid 19 a accéléré la transformation digitale des entreprises et a donc accru leur besoin de conseils, souligne Piet Vandendriessche, le CEO de Deloitte Belgium. ©Marco Mertens

Les cabinets de conseils aux entreprises n'ont pas cessé de recruter ces derniers mois. Deloitte a même battu son record. EY a mis l'accent sur la rétention.

Les Big Four continuent de recruter dans notre pays malgré la crise pandémique. Et même d'engager à rythme soutenu, comme le démontre le cabinet Deloitte Belgium: sur les douze mois de son exercice 2019-20 bouclé fin mai, il a accueilli 1.131 nouveaux collaborateurs. C'est plus que l'an dernier (1.106) et que chacun des exercices antérieurs. "La moitié sont des jeunes qui sortent de l'université, et beaucoup ont des profils STEM" (sciences, technologies, ingénieurs, math, NDLR), souligne le CEO Piet Vandendriessche. "On continue d'engager et de remplir notre rôle sur le marché des talents." Aujourd'hui, le cabinet totalise 4.577 personnes.

1.131
nouveaux employés
Deloitte Belgium a battu son record de recrutements en 2019-20 avec 1.131 nouveaux employés.

Les principaux rivaux de Deloitte sur le marché des services aux entreprises ne font pas aussi bien en chiffres, mais poursuivent eux aussi leurs recrutements en dépit de la conjoncture. Le cabinet EY a accueilli 500 nouveaux employés durant son exercice terminé à fin juin. C'est certes 100 de moins qu'en 2018-19, mais cela s'explique: "Nous avons consacré beaucoup d'efforts ces derniers temps à la rétention du personnel", déclare son porte-parole Christophe Ballegeer. "Et nous enregistrons clairement moins de sortants." Un résultat qu'il attribue aux efforts fournis pour accroître le bien-être au travail.

"Nous avons consacré beaucoup d'efforts ces derniers temps à la rétention du personnel."
Christophe Ballegeer
Porte-parole d'EY Belgium

Par contre, pas de chiffres chez PwC Belgique, mais bien la confirmation que le cabinet s'active toujours lui aussi sur le marché de l'emploi. "Notre politique de recrutement n'a pas changé fondamentalement ces derniers mois", dit son leader du capital humain Olivier Hermand. "Nous avons engagé de jeunes diplômés conformément à nos plans initiaux. Notre dernière saison de recrutement s'est terminée aux alentours du mois de mars et donc à temps avant l'arrivée du coronavirus. Mais nous n'avons pas l'intention de réduire la voilure pour cette nouvelle année qui commence" (PwC clôture lui aussi ses comptes à fin juin, NDLR). Le cabinet emploie aujourd'hui 2.500 personnes. "Nous recherchons toujours une très grande variété de profils: pas uniquement des économistes et des juristes, mais aussi de plus en plus de STEM", comme Deloitte.

KPMG, le quatrième des Big Four, n'a pas répondu, à ce stade, à nos questions sur l'emploi.

La pandémie n'a pas tari la soif de conseils

Comment expliquer cette constance dans le recrutement? Chez Deloitte Belgium, on pointe les résultats de la société. Celle-ci a vu ses revenus progresser de 7,4% à 607 millions d'euros en 2019-2020. "La pandémie a engendré un recul limité de nos recettes, mais les trois premiers trimestres nous ont permis de générer de solides revenus généraux", explique Piet Vandendriessche. Son activité de conseil a même bondi de 16,5%: "la transformation digitale des entreprises, petites comme grandes, a continué et s'est même accélérée avec le Covid 19", ajoute-t-il. Le conseil en risques a également "boomé" (+13,6%) grâce entre autres au secteur bancaire, qui a beaucoup recouru à ce service, aux sciences de la vie et aux entreprises demandeuses de recommandations pour gérer la crise.

"La transformation digitale des entreprises, petites comme grandes, a continué et s'est même accélérée avec le Covid 19."
Piet Vandendriessche
CEO de Deloitte Belgium

Les fusions et acquisitions ont également résisté, contrairement à ce qu'on pourrait croire. "Cette activité n'est pas trop touchée par la pandémie; il y a toujours beaucoup de cash sur les marchés et il y a toujours des vendeurs et des acheteurs", dit le CEO.

Seule ombre au tableau, le recul de 11,3% de la branche de conseils financiers: "c'est lié à une réorganisation interne au niveau des équipes, pas au marché", selon le dirigeant.

L'année nouvelle se présente toutefois sous le signe de l'incertitude. "On s'attend quand même à un ralentissement de l'activité, convient Piet Vandendriessche, même si notre premier trimestre s'est avéré meilleur que prévu en montrant de la stabilité par rapport à il y a un an. On continuera à recruter, on a d'ailleurs entamé notre nouvelle campagne qui s'étalera en trois phases: septembre, octobre et janvier 2021. Ce sera cependant un peu moins que 1.000 recrutements cette année car il est très difficile de prévoir l'évolution de la pandémie."

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