Près d'une entreprise du Bel 20 sur deux fait du corporate venturing

AB Inbev a scellé un partenariat avec BanQu, une start-up qui développe des solutions pour connecter les travailleurs non bancarisés à la chaîne d’approvisionnement des entreprises. ©REUTERS

Le corporate venturing, c'est du gagnant-gagnant entre une grande entreprise et une start-up. La formule fonctionne, mais pourrait être encore plus répandue au sein du Bel 20, qui est en retard sur ses voisins.

Le corporate venturing a toujours le vent en poupe et la crise pourrait encore répandre la pratique. On peut la résumer avec l'exemple d'une grosse entreprise qui s’adjoint les services d’une start-up et de sa technologie en échange de l’accès à sa liste de clients ou sa chaîne de production. Elle existe sous différentes formes allant jusqu’à avoir son propre incubateur de start-up en interne, mais est généralement utilisée pour des points précis d’une stratégie où l'agilité d'une start-up va faire des miracles au sein d'une structure plus lourde.

Qu'est-ce que le Corporate Venturing? | LE QUOI?

Selon une première étude sur le sujet de Roland Berger, 45% des entreprises du Bel 20 ont fait de cette pratique leur quotidien en 2019. Le chiffre est important mais trompeur, car c’est moitié moins que nos voisins français par exemple. En effet, 85% des entreprises du CAC 40 et 72% des sociétés du AEX25 sont activement impliquées dans le corporate venturing.

"Le retard de la Belgique en la matière s’explique notamment car les entreprises belges cotées sont de taille moins importante et ont donc moins la capacité de dégager des moyens pour investir dans l’innovation."
Pierre Bastien
Partner cher Roland Berger

Il apparaît, selon l'analyse de Roland Berger, que les grandes entreprises belges sont moins friandes de la pratique pour plusieurs raisons. "Le retard de la Belgique en la matière s’explique notamment car les entreprises belges cotées sont de taille moins importante et ont donc moins la capacité de dégager des moyens pour investir dans l’innovation", nous explique Pierre Bastien, Partner chez Roland Berger.

Autre raison, les secteurs qui sont très actifs dans le corporate venturing comme l’aéronautique, le numérique ou la consommation de biens sont sous-représentés au sein du Bel 20. "On constate également une approche plus défensive basée sur des acquisitions et une absence de stratégie claire d’innovation", souligne-t-on du côté du cabinet de conseil.

AB InBev, le bon élève

Le Bel 20 compte tout de même plusieurs exemples de succès en la matière. En 2019, AB InBev, via son bras de capital-risque ZX Ventures, a investi dans la start-up américaine BanQu, après avoir travaillé avec la start-up pendant des années. AB Inbev peut avec ce partenariat exploiter le logiciel de la start-up basé sur la blockchain pour permettre à ses agriculteurs africains de suivre leurs ventes sur la base de données BanQu et de se connecter directement aux chaînes d'approvisionnement mondiales. Cela permet à AB Inbev d'augmenter la transparence à travers sa chaîne d'approvisionnement et d'éliminer des intermédiaires coûteux. Dans cette situation win-win, AB InBev bénéficie d'une dynamique de chaîne d'approvisionnement renforcée et plus transparente et BanQu, d'un accès à un nouveau grand marché et à du capital.

La pratique a connu des évolutions au cours des derniers mois, passant de l’effet de mode à une intégration à part entière dans la stratégie globale. "Il y a eu la mode des hackathons, puis celle de créer son propre fonds pour investir dans des start-ups. Désormais, les entreprises cherchent à inscrire la pratique dans la durée avec différentes approches combinées."

Dans un contexte post Covid-19, avec des moyens encore plus limités, l'innovation sera la clé du rebond des entreprises et le corporate venturing en fera certainement partie.

 

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