ArcelorMittal: la direction avait déjà condamné le chaud

Felix Da Silva, CEO de ArcelorMittal Liege

La direction d'ArcelorMittal confirme la fermeture du chaud de Liège, avec le licenciement de 220 employés et cadres ainsi que 361 ouvriers. Elle promet d'éviter les licenciements secs.

Le conseil d'entreprise est terminé chez ArcelorMittal, à Flémalle. Avec un verdict terrible, même si les illusions semblaient déjà perdues. La direction confirme la fermeture du chaud de Liège avec des emplois perdus pour 220 employés et cadres, et 361 ouvriers. La mesure touche 500 personnes sous contrat à durée indéterminée et 81 sous contrat à durée déterminée. La direction indique vouloir éviter les licenciements secs. Selon elle, "les travailleurs seront reclassés, notamment dans la phase à froid", qui est selon elle, viable sans la phase à chaud.

Le mot d'ordre syndical a été de ne pas arrêter le travail trop vite et de préparer les actions qui seront menées ultérieurement. "Le combat sera long; il ne faut pas s'essouffler dès maintenant", a expliqué le leader des métallos liégeois de la FGTB, Francis Gomez.
Le front commun se réunira le lundi 17 octobre à 16H pour établir un plan d'actions.


Il semble maintenant totalement acquis que la décision de fermer la phase à chaud était déjà prise depuis quelques temps. Lors du récent mouvement de grève, la direction avait en effet promis des engagements, pour annoncer la fermeture quelques jours plus tard. "Nous avons besoin d'un accord pour sauvegarder l'outil. Nous avions des clients à servir", a ainsi déclaré la direction.

La direction indique que la procédure d'information et de consultation a débuté. Elle précise que le projet va être soumis à l'analyse et aux échanges avec le conseil d'entreprise et se dit "convaincue qu'il est possible de trouver une solution adéquate pour tout le personnel touché par ce projet éventuel et souhaite établir un calendrier de rencontres pour mener à bien cette procédure d'information et de consultation".

Elle signale en outre que "ce fait nouveau" n'aura aucune incidence sur la capacité de production d'ArcelorMittal ou sur sa part de marché en Europe et que les clients continueront à être fournis de manière tout à fait régulière.

→ La direction du groupe justifie sa décision uniquement par des motifs économiques.

Sur le terrain

 Jeudi matin, les travailleurs étaient nombreux devant le site de Chertal (Herstal) pour un piquet de grève spontané. "On ne travaillera pas aujourd’hui. La direction s’est foutue de notre gueule. On se battra pour sauver notre outil", martèle Alain Van Damme (43 ans).

Autour de lui, ses collègues alimentent le feu de bois allumé pour chauffer les hommes et l’atmosphère en ce matin d’autonome froid. Intérimaire depuis 4 ans, il travaille au service traction, chargé de l’acheminement par rail des produits à l’intérieur du site. Plus loin, Giuseppe a du mal à contenir sa colère. "ArcelorMittal

«Le gouvernement wallon sera intraitable avec ArcelorMittal»

vient de jeter aux orties les projets de pas mal de travailleurs. Il y en a qui ont des maisons et des voitures à rembourser et d’autres dont les enfants sont toujours aux études. Que vont-ils devenir", s’interroge le quincagénaire, qui compte 35 ans de maison dans le groupe.

 


Contrat et brevets de recherche bloqués

L’onde de choc provoquée par l’annonce de la fermeture du chaud est arrivée au siège du gouvernement wallon à Namur. La question a occupé une bonne partie de la réunion hebdomadaire de l’exécutif régional. A la sortie, les ministres se montrent fermes et intraitables.

"La situation économique et internationale invoquée par ArcelorMittal est insuffisante pour justifier la fermeture du chaud à Liège. Les bénéfices d’ArcelorMittal sont là pour le prouver. Tout groupe multinational qu’il est, nous nous attacherons à ce qu’ArcelorMittal respecte ses obligations sociales, environnementales et industrielles. Nous serons intraitables sur ce point", prévient Rudy Demotte (PS), ministre-Président de l’exécutif wallon.

"Nous entendons être pleinement solidaires des travailleurs et le gouvernement fera tout pour ne laisser aucun d’entre eux sur le bord de la route", renchérit André Antoine (CDH), ministre wallon de l’Emploi.

Le gouvernement a déjà pris les devants pour montrer à ArcelorMittal qu’il ne se laissera pas faire. "Nous sommes choqués par la décision du groupe. Nous avons pris toutes les dispositions pour que les brevets des recherches développées avec de l’argent public ne puissent pas quitter le territoire wallon et européen. Nous avons aussi suspendu les négociations d’un contrat de recherche de plus de 4 millions d’euros", clame Jean-Marc Nollet (Ecolo), ministre en charge de la Recherche. Il précise que la Région n’hésitera pas à demander le remboursement des aides à la recherche octroyées à ArcelorMittal.

Celles-ci s’élèvent à environ 20 millions d’euros depuis 2000 dont 8 millions rien que pour cette législature.

Actionnaire du groupe via la Sogepa (0,96 %), la Région wallonne a touché 3 millions d’euros de dividendes pour l’exercice 2010 d’ArcelorMittal

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