L'Arabie Saoudite remet l'Opep+ dans les rangs

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24 des plus grands producteurs de pétrole ont convenu d’augmenter leurs efforts pour soutenir les prix du pétrole. Ils espèrent ainsi contrecarrer l’essor du schiste américain.

Habemus consensum. Au bout de nombreuses heures de réunion, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses 10 partenaires, réunis sous l’appelation "OPEP+", ont réussi à s’accorder sur l’avenir de leur partenariat. Ce compromis, conclu pour la première fois fin 2016, prévoit des quotas de production afin de stabiliser le marché pétrolier. Les 24 pays ont décidé ce vendredi de prolonger l’accord tout en réduisant davantage leurs quotas.

"Comme en religion, si vous êtes croyant, vous devez pratiquer", a déclaré Abdulaziz bin Salman, le ministre saoudien de l’énergie.

Difficile de ne pas y voir une allusion à la pratique parfois laxiste de certains de ses partenaires. Car si l’Arabie Saoudite s’est jusqu’ici montrée exemplaire dans la mise en oeuvre de l’accord, réduisant davantage sa production que demandé, d’autres pays ont été moins regardants. À commencer par le plus important d’entre eux, la Russie. Celle-ci n’est parvenue à respecter son mandat qu’à trois reprises cette année. Et encore, grâce à une contamination chimique qui avait provoqué la fermeture d’un important pipeline.

Un effort supplémentaire de 500.000 barils

L’objectif que se sont désormais fixés les 24 partenaires est de réduire de 1,7 million de barils par jour leur production totale. Ce qui représente un effort supplémentaire de 500.000 barils par rapport à leur précédent accord.

À cela pourraient s’ajouter également des baisses "volontaires" de la part de certains pays comme l’Arabie Saoudite.

"Cet ajustement ne peut pas vraiment être interprété comme quelque chose qui va réellement changer la balance entre offre et demande", nuance l’institut de recherche JBC Energy. "Il s’agit plutôt d’une manœuvre de mise en conformité".

Pas d’éclaircie en vue pour le pétrole

Cet accordage des violons était néanmoins nécessaire, d’autant plus que les perspectives pour l’or noir restent médiocres. "Les prix du pétrole brut et du gaz naturel conserveront leur biais baissier de ces 10 dernières années au cours de la prochaine décennie", estime Mike McGlone, stratégiste spécialisé dans les matières premières chez Bloomberg Intelligence (BI).

Selon un sondage réalisé par cette agence auprès de 176 intervenants de marché avant la réunion de l’OPEP+, 46% d’entre eux pensent que le cours du Brent devrait évoluer autour de 60 et 70 dollars le baril en 2020. Les plus pessismistes (39%) estiment eux que les prix pourraient tomber dans la tranche inférieure, entre 50 et 60 dollars.

"Les résultats de l'enquête reflètent probablement les prévisions d'une faible croissance de la demande de pétrole jusqu'à la fin de l'année prochaine, alors que la croissance économique mondiale ralentit, entraînée par la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine", commentent les analystes Rob Barnett et Salih Yilmaz. "En outre, le scénario d’une offre vigoureuse devrait persister, porté par l'essor de la croissance du schiste bitumineux aux États-Unis, mais également par une augmentation importante de la production dans une poignée d'autres pays non membres de l'OPEP, compensant plus que les pertes de l'Iran et du Venezuela".

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