Les Belges se précipitent sur l'or

©REUTERS

Face aux incertitudes, les Belges se réfugient dans le métal jaune.

Selon un coup de sonde auprès des négociants en or, c’est clair, les Belges recherchent activement un refuge auprès de l’or. "La demande d’or a augmenté d’environ 30% ces dernières semaines", déclare Jan Van Cutsem, fondateur du négociant The House. Les raisons: la guerre commerciale, les chutes des Bourses et la crainte d’une récession.

L’or est généralement considéré comme une valeur refuge et a donc tendance à s’apprécier en période d’incertitudes économiques ou politiques. Les périodes de politiques monétaires accommodantes, en abaissant le loyer de l’argent, rendent l’or plus intéressant comparativement, malgré son absence de rendement.

Et la tendance haussière ne semble pas décourager nos investisseurs belges. "Plus le prix est élevé, plus la demande est forte, estime Jan Van Cutsem qui souligne que d’autres facteurs soutiennent également la demande d’or en Belgique. Les investisseurs s’inquiètent des taux d’intérêt négatifs et craignent que le nouveau gouvernement belge augmente les impôts sur d’autres produits d’investissement afin de réduire le déficit budgétaire."

20%
Depuis fin mai, l’or a déjà grimpé de plus de 20%, preuve du désarroi des investisseurs face aux menaces de récession.

Le comportement des investisseurs belges suit d’ailleurs la tendance mondiale: la semaine passée, le prix de l’or a dépassé pour la première fois en six ans la barre psychologique des 1.500 dollars l’once. Cela représente quelque 43.000 euros par kilogramme.

Depuis fin mai, le métal jaune a gagné près de 20%. Selon un rapport du Conseil mondial de l’or, la demande en or a atteint un plus haut en trois ans au premier semestre 2019, portée par la demande des banques centrales et des investisseurs financiers.

Une question de courbe

Il faut dire que la recherche de valeurs refuges telle que l’or n’est pas prête de s’amenuiser. Les fondamentaux économiques mondiaux continuent à s’éroder.

"Un signal (d’alarme) que l’on ne voulait pas voir sur les marchés."
Frank Vranken
Puilaetco Dewaay

Mercredi, la courbe des taux obligataires américains s’est inversée pour la première fois depuis 2007: le rendement des obligations d’État à 2 ans est devenu supérieur à celui à 10 ans, "un signal (d’alarme) que l’on ne voulait pas voir sur les marchés", résume Frank Vranken, chief strategist chez Puilaetco Dewaay. L’inversion de cette courbe est l’un des signes avant-coureurs d’une récession économique. Un phénomène qui s’est vérifié au moins les cinq dernières fois où ce phénomène s’est produit.

En Europe, les signaux ne sont pas meilleurs. L’Allemagne a une nouvelle fois annoncé une baisse de son PIB de 0,1% au deuxième trimestre. Cette baisse nous rappelle que notre voisine a déjà frôlé la récession l’année passée.

Une mauvaise nouvelle pour toute l’Europe qui doit déjà faire face à la menace d’un Brexit chaotique et celle, non moins délétère, de la situation politique précaire en Italie.

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