Nouvelle proposition pour assainir les sites pollués d'ArcelorMittal

©Dieter Telemans

Deux entreprises liégeoises, une basée à Bruxelles et une autre basée en Flandre ont créé un GIE en vue de proposer un service complet d’assainissement des terrains pollués d’ArcelorMittal à Liège.

Deux sociétés wallonnes, une bruxelloise et une flamande ont créé un Groupement d’intérêt économique (GIE) dans le but de remporter les marchés de dépollution des sites d’ArcelorMittal à Liège. Les contrats sont estimés à 1,06 milliard.

1,06 milliard €
L’assainissement des sites abritant les outils de la phase à chaud d’ArcelorMittal a été évalué à 1,06 milliard d’euros par la Spaque.

La dépollution des terrains pollués et qui abritent les outils (aujourd’hui condamnés) d’ArcelorMittal à Liège suscite des appétits. Selon nos informations, quatre entreprises belges viennent de créer un Groupement d’intérêt économique (GIE) sans siège, mais avec établissement en Belgique, pour participer aux travaux d’assainissemment des terrains. "Nous essayons de nous unir pour proposer un service complet, de la démolition à l’assainissement des terrains en passant par le démantèlement des outils à ArcelorMittal. Ici, le GIE a plus de sens qu’une association momentanée, car cettte dernière est plutôt adaptée à des ouvrages d’art (construction d’un pont, grands travaux publics, etc.). Ici, la vision est plus vaste, car notre objectif est de participer au redéploiement de la région liégeoise", nous a confirmé Stéphane Verstraete, administrateur délégué de Solaz, la filiale environnementale de l’entreprise DC Industrial (basée à Bruxelles).

4 privés belges dans un GIE au capital de 10.000 euros

A côté de cette dernière, on retrouve la société Castagnetti (Flémalle, en région liégeoise), spécialisée dans les travaux de démolition, et une autre société, basée dans la même commune, European Cleaning & Maintenance (nettoyage industriel). Le GIE comprend également une société flamande, De Meuter, basée à Ternat (expert en démolition, démantèlement, assainissements et désamiantage). L’acte constitutif du GIE indique quue celui-ci a pour objet "l’élaboration conjointe d’offres de services, d’études et de conseils délivrés dans le cadre des travaux de réhabilitation et de démantèlement des anciennes unités industrielles sidérurgiques d’ArcelorMittal situées dans le bassin liégeois".

Il faut dire que DC Industrial participe déjà, depuis environ un an et demi, aux travaux d’assainissement du site de Duferco à Clabecq. Elle présente donc une expérience non négligeable en la matière. Le capital du GIE est actuellement fixé à 10.000 euros et est entièrement libéré. Une augmentation de capital n’est pas exclue en fonction des besoins.

En ce qui concerne l’assainissement des terrains abritant les outils abandonnés d’ArcelorMittal à Liège, seul un petit marché est actuellement attribué. Les travaux ont commencé en décembre sur le site de la Rue Ramoux à Seraing, non loin du haut-fourneau 6 (HF6). Ils sont réalisés par Ecoterres, une filiale du groupe de dragage DEME. Après cette phase, la société basée à Gosselies doit également réaliser l’assainissement des zones externes du HF6. Il s’agit d’un marché de près d’un demi-million d’euros.

Déjà un acteur en août

Le GIE est le deuxième acteur à s’organiser pour assurer le démantèlement des sites d’ArcelorMittal. En août 2014, trois entreprises wallonnes et une du Limbourg ont décidé d’unir leurs forces pour tenter de remporter les marchés: Wanty (Peronnes-Lez-Binche), Oxytec (Herstal), Retrimeuse (Seraing) et Martens Democom (Genk). Les quatre sociétés, déjà fournisseurs agréés du groupe, ont constitué une Société momentanée pour le démantèlement (SMD) des outils du chaud.

Travaux d’1,06 milliard

Le gros du chantier demeure encore à attribuer. En effet, à la demande du gouvernement wallon, la Spaque a procédé, en octobre 2011, à une estimation des coûts de la réhabilitation des sites abritant les outils de la phase à chaud d’ArcelorMittal. Les chantiers d’assainissement sont évalués à 683 millions d’euros pour 307 hectares en cas de réaffectation à vocation industrielle ou à 1,06 milliard d’euros en cas de réaffectation en habitat. Les travaux concernant les sites de la phase à chaud ont été regroupés en deux lots. Le premier concerne les outils suivants: le HF6 (22,94 ha), crassier sidérurgique à côté du HF6 (13,55 ha), forge Ringmill à Seraing (5,94 ha), cokerie de Seraing (38,50 ha), HFB d’Ougrée (39,18 ha). Le second lot vise des terrains abritant des outils de Chertal (Herstal) entre entre le canal Albert et la Meuse: aciérie et coulée continue (46,77 ha), le TLB (74,01 ha), les dépôts de boues et de scories (66,18 ha).

Les travaux d’assainissement des terrains pollués d’ArcelorMittal suscitent l’appétit des sociétés industrielles. Quatre entreprises belges viennent de constituer un GIE pour remporter les différents marchés.

C’est le deuxième acteur à se positionner face aux chantiers que le groupe sidérurgique doit encore attribuer en bord de Meuse à Liège. Une association momentanée avait déjà été constituée en août 2014.

Un petit chantier de l’ordre de 500.000 euros a déjà été attribué à une filiale du groupe DEME.

Le dossier de la dépollution des terrains a été soulevé lundi lors de la réunion du conseil communal de Seraing. Le bourgmestre, Alain Mathot (PS), a indiqué que la ville ne délivrera le permis d’urbanisme pour le démantèlement des outils situés sur son territoire qu’à la condition que le groupe sidérurgique se montre respectueux, lors des discussions en cours entre la commune et ArcelorMittal, qui concernent les investissements que les autorités communales prévoient de réaliser pour redynamiser la cité.

Le dossier complet de demande de permis d’urbanisme d’ArcelorMittal a été déposé à la la commune le 31 octobre 2014. Un accusé de réception qui l’atteste demande d’ailleurs au groupe de verser une redevance de 75 euros pour le traitement du dossier. Par ailleurs, selon nos informations, une réunion est fixée au 18 mars entre les autorités communales et des représentants d’ArcelorMittal pour discuter du dossier de démantèlement des outils. Lors de cette rencontre, la Ville de Seraing pourrait présenter ses demandes (de compensations éventuelles?) au groupe sidérurgique dans le cadre des travaux d’assainissement. La question est de savoir si les autorités communales espèrent une contribution de la part du premier producteur mondial d’acier pour leurs projets de redynamisation du territoire local.

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