Aperam suspend un investissement à Genk

Le site d'Aperam à Genk ©ID/ Karel Hemerijckx

Aperam a publié des résultats annuels en baisse, évoquant un environnement "extrêmement difficile", surtout en Europe. Le sidérurgiste dit toutefois s'attendre à ce que le phénomène de déstockage prenne fin au premier trimestre et suspend pour l'instant un important investissement sur le site de Genk.

Le producteur d'acier inox Aperam, détenu majoritairement par la famille Mittal, a enregistré un bénéfice net de 286 millions d'euros en 2018, en baisse de 10,6%, pénalisé par des conditions de marché difficiles en Europe, et cela malgré l'amélioration constatée au Brésil.

Présent notamment en Belgique avec un site à Châtelet et un autre à Genk, le groupe a décidé de suspendre l'investissement prévu dans un convertisseur sur son site limbourgeois. Ce projet d’investissement avait pour but de fortifier la performance de l’usine et de "renforcer la compétitivité en matière de coûts, y compris l’énergie, le rendement métal, améliorer la productivité et donner une plus grande flexibilité", expliquait le sidérurgiste au moment de l'annonce de cet engagement l'été dernier.

L’investissement en cours dans les installations à Genk est d’environ 200 millions d’euros. En plus du projet désormais suspendu, Aperam s'était engagé à améliorer sa ligne de laminage à froid, de recuit et de décapage ainsi que des équipements auxiliaires. Ce second volet de l'investissement n'est pas concerné par le gel annoncé ce mercredi. L'opération avortée devait être finalisée au cours du premier semestre 2020.

Le poids de l'Europe 

Du côté des résultats, le chiffre d'affaires annuel d'Aperam est en progression de 4,4% à 4,7 milliards d'euros, soutenu principalement par la hausse des prix de l'acier inoxydable. Sur les trois derniers mois de l'année 2018, le bénéfice net a fondu de moitié pour atteindre 49 millions d'euros alors que le chiffre d'affaires s'est stabilisé au-dessus du milliard d'euros (-0,3% à 1,12 milliard d'euros).

Comme anticipé par le groupe, l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) est en baisse par rapport au trimestre précédent. Le directeur général d'Aperam, Timoteo Di Maulo, a expliqué cette situation difficile par "une pression des importations sans précédent" vers l'Europe, en mettant en cause "l'inefficacité des mesures de sauvegarde provisoires de l'UE". Le niveau des importations a pesé sur les marges, en particulier au deuxième semestre, et n'a pas permis au groupe de répercuter la hausse de ses coûts de production sur les clients finaux.

Une jolie prime sur le dividende 

Aperam a toutefois pu compter sur des progrès dans ses activités au Brésil et sur son programme d'économies, dont l'objectif a été relevé à 200 millions d'euros d'ici à 2020, contre 150 millions auparavant.

Dans ses perspectives, Aperam prévoit un excédent brut d'exploitation au 1er trimestre "comparable" à celui du 4e trimestre 2018. L'année 2019 verra aussi le phénomène de déstockage prendre fin. Le groupe estime que ce sera le cas au terme du 1er trimestre.

Une augmentation du dividende à 1,75 euro par action a également été proposée par Aperam, soit une prime de 14,4%.  

Sur les marchés, Aperam  tire profit ses prévisions et l'action grimpe de plus de 7% dès les premiers échanges. 

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