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Aramco, la plus grande société cotée au monde

Aramco : premiers pas du géant en Bourse ce mercredi 11 décembre 2019. ©Bloomberg

La compagnie pétrolière a démarré du bon pied sa cotation sur la Bourse de Ryad. Les investisseurs étrangers ont acquis moins de 23% des titres émis.

Aramco entre dans l’histoire ce mercredi en tant que plus grande introduction boursière au monde. La société pétrolière a vendu l’équivalent de 29,4 milliards de dollars (26,5 milliards d’euros) d’actions à 32 riyals par unité (soit 7,7 euros), au haut de sa fourchette de cotation. La société a exercé totalement une option de surallocation de 450 millions de dollars d’actions supplémentaires.

Les fonds levés valorisaient l’entreprise saoudienne à 1.700 milliards de dollars (1.543 milliards d’euros), loin devant les autres plus grosses capitalisations boursières, comme celles d’Apple et de Microsoft. Après les premiers échanges, la valorisation grimpait vite vers les 1.900 milliards de dollars. Impressionnant, mais sous les 2.000 milliards de dollars visés par le prince héritier Mohammed ben Salmane à l’annonce du projet il y a quatre ans. Celui-ci avait été repoussé à deux reprises, en raison de conditions de marché défavorables. À l’origine, le royaume espérait lever 100 milliards de dollars.

Peu d’investisseurs étrangers

Moins d’un quart des titres, soit 23% de la part des actions réservée aux institutionnels, ont été acquis par des investisseurs étrangers, a indiqué sur la chaîne Al Arabiya News Wassim al-Khatib, responsable de la division investissement de la National Commercial Bank, la banque saoudienne qui a coordonné l’opération. L’agence nationale des pensions publiques saoudienne a reçu 11,5% de la tranche réservée aux institutionnels, a-t-il ajouté.

"Si l’action chute dans les jours qui viennent, les banques vont devoir accuser des pertes comptables."
edmond Christou
analyste chez Bloomberg Intelligence

Le gouvernement saoudien, qui n’a mis sur le marché que 1,5% des parts de l’entreprise, a vendu deux tiers de ces actions à des investisseurs institutionnels. Les sociétés saoudiennes ont acheté 37,5% des actions émises dans cette tranche. Les fonds publics et privés ont pris les 26,3% restant des titres réservés aux institutionnels. Du côté des titres dédiés aux particuliers, 4,9 millions d’investisseurs individuels, soit 15% de la population saoudienne, ont souscrit à l’opération.

La demande a été soutenue pour les actions Aramco. L’opération a été sursouscrite d’environ 4,7 fois, a indiqué la société.

©Mediafin

Les investisseurs particuliers ont été fort sollicités par le gouvernement saoudien avant l’introduction en bourse de la compagnie pétrolière. Ceux-ci se sont vu proposer une action supplémentaire pour chaque paquet de dix actions détenues au moins 180 jours après le premier jour de cotation du titre. Un maximum de titres bonus a été fixé à 100 actions par investisseur. Les autorités saoudiennes ont également permis aux organismes de prêts d’accorder des crédits pour l’achat d’actions à une proportion double par rapport à celle autorisée pour les introductions en bourse. "Ceci a pu aider à faire grossir la demande pour les titres mis sur le marché. Bien sûr, si l’action chute dans les jours qui viennent, les banques vont devoir accuser des pertes comptables sur ces prêts", indique Edmond Christou, analyste chez Bloomberg Intelligence. Toutefois, le gouverneur de la banque centrale saoudienne, Ahmed Alkholifey, a indiqué que celle-ci pourrait intervenir auprès des banques en cas de crise de liquidités. Il a précisé que seules 2% des souscriptions de titres par les particuliers ont été financées par du crédit et que le gros du financement a été accordé à des investisseurs fortunés ou institutionnels.

Une action en hausse?

Certains analystes estiment que l’action Aramco devrait progresser dans les jours qui suivent sa première cotation de mercredi. "Je vois un potentiel de hausse pour le titre après sa première cotation en raison du fait que les investisseurs vont courir après l’action afin de compléter leurs positions car l’opération a été sursouscrite", souligne Ali El Adou, directeur de la gestion chez Daman Investments à Dubaï. "L’action Aramco devrait aussi être soutenue par le dividende proposé par la société et son bilan solide" ajoute-t-il. Aramco avait indiqué que la société paiera au moins 75 milliards de dollars de dividende en 2020, avec la garantie que celui-ci ne sera pas revu à la baisse avant 2024, indépendamment de l’évolution des cours du pétrole.

En outre, la taille de la société devrait lui permettre de rejoindre plus rapidement que prévu les indices globaux comme ceux de MSCI. Une inclusion dans les indices MSCI devrait apporter 2,4 milliards de dollars de flux supplémentaires dans l’action, selon Fransi Capital. Mais des analystes soulignent que la valorisation de Aramco est trop élevée et beaucoup de gestionnaires étrangers se sont tenus à l’écart.

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