ArcelorMittal Belgium crée une filiale innovante dans l'impression 3D

L'usine d'ArcelorMittal à Gand, le 22 mai 2018. ©REUTERS

Avec le concours de Finindus et du centre de recherche "métal" OCAS, le sidérurgiste a fondé Guaranteed, une société dédiée à la technologie DED d’impression en trois dimensions.

La filiale belge du géant de l’acier ArcelorMittal a créé une nouvelle société en association avec l’OCAS, le centre de recherche pour l’utilisation du métal. Finindus, la société d’investissement établie à Gand par le sidérurgiste et la Région flamande et destinée à soutenir les jeunes entreprises spécialisées dans des technologies innovantes, fait également partie du tour de table. La nouvelle compagnie s’appelle Guaranteed et est basée à Zelzate, près de Gand, comme l’OCAS. Elle aura pour objet le développement et la commercialisation d’un portefeuille de services, technologies et produits dans lesquels il sera fait usage de la technologie Direct Energy Deposition (DED). Elle aura aussi pour activités le dépôt et l’exploitation de brevets et licences.

Guaranteed est dotée d’un capital de 1,5 million d’euros.

La technologie de fabrication DED, ou "dépôt sous énergie concentrée" en français, renvoie à l’impression en trois dimensions. Elle consiste à produire des pièces de métal par le dépôt de couches successives de matériaux (sous forme de poudre ou de fil) et leur fonte progressive obtenue par l’exposition à un faisceau laser. La technique pourra aussi être utilisée pour réparer des pièces métalliques: cela figure du reste en toutes lettres dans l’objet social de Guaranteed.

La nouvelle société a été dotée d’un capital de 1,5 million d’euros. Au siège d’ArcelorMittal Belgium, on n’a pas pu nous dire combien d’emplois l’initiative permettra de créer.

Troisième projet en trois mois

Il n’empêche. Ce nouveau projet s’inscrit dans une dynamique de recherche et développement certaine. Ces trois derniers mois, en effet, ArcelorMittal Belgium s’était déjà distingué par deux fois à la pointe de l’innovation. En mai dernier, pour rappel, le groupe avait annoncé le lancement de deux projets révolutionnaires pour réduire davantage les émissions de dioxyde de carbone de ses activités "acier" à Gand.

Baptisé Torero, le premier vise à transformer les déchets de bois en biocharbon adapté au procédé du haut-fourneau. La technologie du procédé de torréfaction, développée par la société Torr-Coal, permettra à la nouvelle installation de transformer 120.000 tonnes de déchets de bois par an en quelque 50.000 tonnes de biocharbon. La mise en service de l’unité est prévue pour la fin de l’an prochain.

Quant au projet Steelanol, il repose sur une technologie mise au point par LanzaTech, une compagnie américaine (Chicago), avec laquelle le groupe a conclu un partenariat à long terme. Elle est basée sur l’utilisation de microbes qui se nourrissent de monoxyde de carbone pour produire du bioéthanol. Son application permettra à ArcelorMittal Belgium de transformer une partie des gaz carbonés de ses hauts-fourneaux en bioéthanol. L’installation, qui constituera une première industrielle en Europe, sera construite à Gand en vue d’entrer en production d’ici la fin de 2020. Elle devrait produire quelque 80 millions de litres de bioéthanol par an. Ceux-ci seront utilisés pour le transport et peut-être également pour la production de matériaux synthétiques.

Ces deux installations représenteront un investissement global de 160 millions d’euros. Elles permettront, dans un premier temps, d’éviter l’émission de 400.000 tonnes de CO2 par an, selon les calculs du sidérurgiste. En termes d’emplois, Torero mobilisera 70 postes externes pour sa construction, puis une dizaine de nouveaux emplois directs pour son exploitation. De son côté, Steelanol mobilisera 500 emplois externes pour sa construction et 30 nouveaux postes directs pour son exploitation.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect