portrait

Chris James, l'aiguillon environnemental d'ExxonMobil

Actionnaire d'ExxonMobil, le fonds Engine No. 1, cornaqué par le Californien Chris James, exhorte le géant pétrolier à se tourner vers les énergies alternatives.

À l'instar de nombre de ses concurrents, le géant américain ExxonMobil incarne une industrie pétrolière et gazière mise à mal par les nécessités de la lutte contre le changement climatique. Sur les dix dernières années, son retour sur investissement est négatif de 20%, contre une moyenne de +277% pour les sociétés de l'indice S&P 500.

Face à cette situation, ExxonMobil proclame son intention de miser sur la capture du CO2 et sur l'hydrogène, sans toutefois remettre en cause ses projets d'exploration de pétrole et de gaz. Insuffisant, juge le fonds Engine No. 1, actionnaire activiste du géant pétrolier. Dans un document consulté par le Financial Times, celui-ci déplore l'absence de "plan crédible pour protéger sa valeur dans une transition énergétique", une lacune qui entraîne une "destruction de valeur" de l'entreprise.

Chris James s'est fait connaître notamment en cofondant, au début des années 2000, certains des plus gros hedge funds technologiques

Engine No. 1 milite pour que la major pétrolière envisage plus sérieusement les énergies alternatives. Créé l'an dernier par Chris James et Charles Penner, deux vétérans des fonds spéculatifs, ce fonds basé à San Francisco s'appuie sur le postulat selon lequel la capacité d'une entreprise à créer de la valeur à long terme pour l'actionnaire dépend de ses investissements dans l'emploi, ses travailleurs, la société et l'environnement.

Les hedge funds n'ont plus de secrets pour Chris James. Cet investisseur californien s'est fait connaître notamment en cofondant, au début des années 2000, certains des plus gros hedge funds technologiques, un secteur qu'il a écumé durant une trentaine d'années. Il est notamment le cofondateur de gros fonds américains comme Partner Fund Management ou Andor Capital Management.

Impact positif

Chris James a quitté l'an dernier la gestion de la clientèle au sein de Partner Fund Management, qu'il avait lancé en 2004, pour se concentrer sur l'investissement d'impact. Avec Engine No. 1, le financier américain entend bien pousser les entreprises qu'il soutient au changement.

715
milliards $
Selon le Global Impact Investing Network, les actifs des fonds à impact sont passés de 8 milliards de dollars en 2012 à 715 milliards en 2019.

Sa mission: créer de la valeur à long terme en générant un impact positif. "De trop nombreuses entreprises n'arrivent pas à intégrer les externalités dans leurs stratégies commerciales. Pour avoir créé des entreprises dans des secteurs en transition, nous avons une très bonne compréhension de la façon dont la performance d'une entreprise et son impact plus large sont intimement liés", souligne-t-il.

C'est le cas d'ExxonMobil. Selon Engine No. 1, le géant des hydrocarbures "vante ses efforts dans des domaines tels que la capture du carbone et les biocarburants", mais ceux-ci ont "davantage contribué à sa publicité que produit des résultats". En incluant la pollution de ses produits vendus, le fonds souligne qu'Exxon a capturé moins de 1% de ses propres émissions.

L'émergence de fonds comme Engine No. 1 s'inscrit dans un contexte de gain de popularité des investissements à impact social et environnemental. Selon des chiffres du Global Impact Investing Network publiés par l'agence Bloomberg, les actifs des fonds à impact sont passés de 8 milliards de dollars en 2012 à 715 milliards en 2019.

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