Façozinc, le petit zingueur de Gilly devenu un champion régional

©Dieter Telemans

Depuis sa création en 1988, la société Façozinc n’a cessé de se diversifier et de s’étendre. L’entreprise familiale basée à Gilly dispose de deux antennes en France et d’un centre de compétences et d’écolage à Mons. Initialement spécialisée dans le zinc, Façozinc se pose aujourd’hui en championne des matériaux de toiture, en ce compris l’isolation.

En créant sa petite entreprise de façonnage de zinc en 1988, Carmine Lauriente n’imaginait sans doute pas que celle-ci deviendrait, trente ans plus tard, une société diversifiée dans tout ce qui touche à la couverture des bâtiments. Et de taille respectable, avec ses quelque 150 salariés, un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros et un ebitda consolidé de 4,7 millions.

©Dieter Telemans

Plombier zingueur de son état, Carmine Lauriente commençait à se lasser des difficultés qu’il éprouvait à trouver les matériaux nécessaires à la réalisation de ses chantiers. Il s’est alors installé à Gilly dans un petit atelier de 400 m2 qui appartenait à Glaverbel, et a commencé à façonner pour le compte des plombiers zingueurs. Façozinc était née.

Le succès est très vite au rendez-vous. Les commandes s’enchaînent, au point de pousser Carmine Lauriente à appeler son frère et son beau-frère à la rescousse. En 1993, Façozinc déménage et s’installe dans une ancienne fonderie désaffectée de 5.500 m2, toujours à Gilly.

Deux ans plus tard, Cléonice Mastrostefano, la nièce de Carmine et Vittorio, rallie l’entreprise familiale après une expérience de six ans au département audit de KPMG. Elle accélère le tempo, en ouvrant des points de vente pour se rapprocher de la clientèle: à Strépy-Bracquegnies et Grâce-Hollogne en 1998, puis à Marche-en-Famenne en 2003, à Tournai et Namur en 2005, à Libramont en 2012.

Façonnage à la minute

Façozinc, qui a déjà élargi son offre à l’inox, à l’aluminium et à l’acier galvanisé, va un cran plus loin en 2014. L’équipe familiale crée Façopro, un pôle indépendant spécialisé dans la distribution de matériaux de construction générale. Elle se tourne aussi vers d’autres activités comme le négoce de tuiles ou d’ardoises.

"Nous sommes transformés en ‘one stop shopping’. Nous pouvons pratiquement offrir un façonnage à la minute."
Cléonice Mastrostefano
CEO de Façozinc

Un des atouts majeurs de Façozinc aujourd’hui, c’est sa capacité à s’adapter à la taille de ses clients. Les demandes des clients sont parfois très différentes entre le petit couvreur qui n’a pas nécessairement la même discipline administrative en termes de commandes que la grosse entreprise.

"Nous nous sommes progressivement transformés en ‘one stop shopping’ pour l’entrepreneur en couverture de bâtiment. Nous pouvons offrir un façonnage pratiquement à la minute", souligne Cléonice Mastrostefano, qui dirige aujourd’hui la société familiale.

Cleonice Mastrostefano ©Dieter Telemans

Présente exclusivement en Wallonie, l’entreprise carolorégienne s’attaque à Bruxelles en 2015 via l’ouverture d’un point de vente à Drogenbos. A priori, elle ne prévoit pas de s’attaquer à la Flandre: il y a encore assez à faire en Wallonie et le nord du pays est déjà couvert par des acteurs locaux bien implantés.

Et puis, l’expérience française est déjà suffisamment complexe à gérer. Façozinc, qui dispose d’une antenne à Dijon, en Bourgogne, et à Halluin, près de Lille, y est confrontée à une culture de travail différente. "Le marché français est beaucoup plus segmenté que chez nous entre les différents métiers (charpentiers, étancheurs, couvreurs…)", précise la CEO de l’entreprise.

Digestion

Pour Façozinc, l’heure est à la "digestion" des gros projets mis en œuvre depuis quatre ans, et qui ont nécessité plus de 10 millions d’euros d’investissements.

La société carolo devrait s’appuyer sur deux vecteurs de croissance: une diversification vers le bardage et l’ouverture de nouveaux sites dans des régions où Façozinc n’est pas encore présente.

Le dernier en date, et le plus spectaculaire (plus de 5 millions d’euros d’investissement), c’est l’unité de Mons. Installée sur le site de géothermie chauffé par de l’eau à 70°, le long de l’E19, elle est dotée d’un centre de compétence et de formation travaillant en partenariat avec les universités des alentours (Polytech, faculté urbanistique, Warocquiez en gestion).

À terme, la société carolo devrait s’appuyer sur deux vecteurs de croissance: une diversification vers le bardage, autrement dit la couche superficielle extérieure du bâtiment (bois, métal, matériaux composites) et l’ouverture de nouveaux sites dans des régions où Façozinc n’est pas encore présente. C’est le cas des provinces de Namur et du Brabant wallon.

"C’est pour ça que je dis toujours que tant qu’il y a de la place à prendre chez nous, il vaut mieux commencer par celle-là avant d’aller voir plus loin", dit Cléonice Mastrostefano.

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