Fin de parcours pour British Steel

©REUTERS

Le groupe sidérurgique britannique, British Steel a été placé sous administration judiciaire. Quelque 25.000 salariés sont plongés dans l'incertitude.

Nouveau coup dur pour la sidérurgie européenne. Les autorités britanniques ont ordonné la liquidation de British Steel. Depuis trois ans, les deux derniers acteurs britanniques du secteur se menaient une lutte intense. Elle prend donc fin ce jour et plonge dans l'incertitude totale quelque 25.000 salariés (5.000 emplois directs et 20.000 indirects).   

British Steel a pourtant tenté d'obtenir du gouvernement un plan de sauvetage de dernière minute, mais le Brexit et le manque de liquidité qu'il induit a rendu impossible tout renflouement public. La société a donc été placée sous administration judiciaire. "L'entreprise en liquidation pourra poursuivre son activité et fournir ses clients pendant que je réfléchis aux options la concernant. Le personnel a été payé et continuera à être employé", indique l'administrateur judiciaire.

La Haute Cour d'Angleterre et du Pays de Galles a par ailleurs désigné des représentants du cabinet EY pour gérer l'entreprise parallèlement à la mission menée par l'administrateur judiciaire.

Fin d'un héritage 

Des rumeurs faisaient déjà état ce mardi d'une faillite probable de l'entreprise sans l'obtention d'une rallonge financière de 30 millions de livres (34 millions d'euros) de la part du gouvernement britannique.

Les gouvernements conservateurs du Royaume-Uni n'ont pas su protéger la fierté de l'héritage sidérurgique du pays. Et maintenant ce Premier ministre assiste à sa disparition.
Tim Roache
secrétaire général du syndicat GMB

Aujourd'hui, les syndicats accusent les gouvernements conservateurs du Royaume-Uni de ne pas avoir su protéger la "fierté de l'héritage sidérurgique du pays". "Et maintenant ce Premier ministre assiste à sa disparition", indique Tim Roache, secrétaire général de la GMB, le principal syndicat britannique.

"Le gouvernement ne peut agir que dans le cadre de la loi", réplique le secrétaire général à la Stratégie industrielle Greg Clark. "Celle-ci exige que toute aide financière à une entreprise sidérurgique soit accordée sur base commerciale. On m'a indiqué qu'il serait illégal de fournir à British Steel une garantie ou un prêt en vertu de cette loi." 

British Steel avait déjà reçu une assistance du gouvernement sous forme d'un prêt de 120 millions de livres. Il devait permettre de couvrir les coûts liés au programme européen d'échange de carbone.   

Préoccupations européennes

Les problèmes du Britannique font aussi des vagues de l'autre côté de la Manche. Et pour cause, British Steel est le repreneur désigné de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (dans le Nord). Les autorités françaises se voulaient toutefois rassurantes. Le placement de British Steel sous administration judiciaire ne remet pas en cause le plan de reprise de l'aciérie française.

"L'État français maintient son soutien à British Steel Saint-Saulve (ex-Ascoval), dont le plan d'affaires à la reprise ne dépendait pas des activités britanniques du groupe ni industriellement ni pour son plan de financement qui n'est pas remis en cause", indique Bercy dans un communiqué.

Dans la foulée de l'annonce de British Steel, la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, souhaitait réunir la Commission. "Le marché européen de l'acier est d'un grand intérêt pour la Commission. C'est donc l'occasion de faire un état des lieux du marché en tant que tel." Le secteur reste victime de surcapacités et fait l'objet de grands mouvements de consolidation. 

Face aux exigences de la Commissaire et de ses équipes, l'Allemand ThyssenKrupp avait renoncé au rapprochement avec l'Indien Tata Steel. Cette opération avait été annoncée pour faire face à la concurrence chinoise. L'équipe de Vestager a aussi récemment scruté le rachat de l'Italien Ilva par ArcelorMittal. Celui-ci passe par la cession d'activités à Flémalle et Tilleur.

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