interview

"Je suis confiant en notre capacité à améliorer les prestations de Nyrstar"

Hilmar Rode, CEO de Nyrstar ©Dieter Telemans

Alors que Nyrstar a relevé au premier semestre de 2018 une perte nette qui explose de 133% à 49 millions d'euros, le titre du groupe bondit à Bruxelles. Ce qui rassure les investisseurs, ainsi que le CEO du groupe Hilmar Rode, c'est que le free cash flow sera positif pour l'année complète. "Une baisse du prix des métaux devrait aussi jouer en notre faveur", explique le patron.

Les résultats semestriels de Nyrstar révèlent que tant sur le plan financier qu’opérationnel, des progrès sensibles ont été enregistrés. Le bénéfice brut d’exploitation (Ebitda) sous-jacent est plus élevé qu’attendu et l’entreprise affiche un "Funds From Operations" (Ebitda sous-jacent moins les variations du fonds de roulement, investissements, impôts et autres flux de trésorerie) positif. Sur le plan opérationnel, les deux principaux chantiers sont aujourd’hui le redémarrage de la mine de Myra Falls (Canada) et la reprise progressive de la fonderie de Port Pirie (Australie), transformée en usine de traitement multimétal.

Le résultat de la branche minière est légèrement inférieur aux attentes à cause des coûts liés à la réouverture de la mine de Myra Falls. Sont-ils plus élevés que prévu?

Hilmar Rode: Le redémarrage de Myra Falls se fera dans les temps. Au cours du premier semestre, les coûts ont été plus élevés parce que nous avons dû mettre en place toute une équipe, mais globalement, ils sont conformes aux attentes. L’an dernier, nous avons remis en service une autre mine, Middle Tennessee, et nous sommes très contents de manière dont ces redémarrages se passent. Nos dépenses en capitaux ont diminué de 17% au cours du premier semestre, et nous nous attendons à ce qu’elles continuent à baisser, y compris en tenant compte de Myra Falls.

"Nos dépenses en capitaux ont diminué de 17% au cours du premier semestre, et nous nous attendons à ce qu’elles continuent à baisser."
Hilmar Rode
CEO de Nyrstar

Vous dites que le projet complexe de Port Pirie se déroule selon les plans et qu’il pourrait devenir la "success story" espérée. Quels sont les problèmes qui pourraient éventuellement encore se poser?

Rode: Le redéploiement de Port Pirie dépasse nos attentes. Nous espérions que ce projet serait un "company maker" et il semble que cela réussira, ce qui est une nouvelle fantastique pour nous. Nous ne nous attendons pas à d’autres grosses difficultés, mais c’est un système particulièrement complexe, et lors du redémarrage, de nombreux problèmes se posent généralement.

Ce qui nous met en confiance, c’est que pour Port Pirie, nous avons réussi à attirer des collaborateurs de haut niveau. Un tel redémarrage n’est pas quelque chose que l’on apprend dans les livres, vous devez l’expérimenter sur place. Tous les problèmes sont aujourd’hui résolus. Ce succès est en partie dû aux formations de deux fois un mois que les opérateurs TSL (collaborateurs qui alimentent le haut fourneau TSL, NDLR) ont reçues au Kazakhstan, où Glencore a réalisé un projet comparable il y a quelques années. Cet investissement dans la formation joue aujourd’hui en notre faveur.

Les investisseurs s’inquiètent du niveau d’endettement élevé de Nyrstar. Au cours du premier semestre, vous avez réussi à diminuer la charge de la dette en réduisant votre fonds de roulement. Est-ce que vous réussirez à maintenir votre endettement à ce niveau-là?

Rode: La réduction de notre fonds de roulement n’a rien à voir avec les prix des métaux, mais elle est durable. Pour le second semestre, nous nous attendons par ailleurs à une nouvelle réduction. La baisse des prix des métaux devrait jouer en notre faveur. Si le prix du zinc reste plus ou moins stable, nous nous attendons à une amélioration des frais de traitement. De plus, nous avons couvert pour l’an prochain le "bonus de production de zinc" (*production supplémentaire de zinc des fondeurs (généralement 96%) par rapport au taux de zinc standard dans le minerai (85%, NDLR)) de nos mines à concurrence de 3.000 dollars/tonne, afin d’être également protégés de ce côté-là.

Hilmar Rode, CEO de Nyrstar ©Dieter Telemans

Lundi, l’action Nyrstar a pris un coup dans l’aile parce que les investisseurs s’inquiètent de la charge de la dette, et en particulier de l’émission obligataire qui arrive à échéance l’an prochain. Vous annoncez aujourd’hui que vous allez racheter ces "2019 senior notes" sur base opportuniste. En avez-vous les moyens?

Rode: Je constate de grandes différences entre le cours auquel les obligations se négocient et l’évolution opérationnelle des activités de Nyrstar. C’est pourquoi nous avons décidé de racheter les obligations tant que leur cours est bas. Nous disposons des fonds nécessaires: fin juin, nous disposions de 653 millions d’euros de liquidités.

Depuis 2015, l’action Nyrstar a été fortement pénalisée et récemment, sa santé ne s’est pas améliorée. Le vent a-t-il tourné?

Rode: Je ne fais traditionnellement aucun commentaire sur le cours de l’action. L’an dernier, nous avons fixé cinq priorités stratégiques pour le groupe (sécurité, Port Pirie, les fonderies de zinc, les mines de zinc américaines et le bilan, NDLR) et au cours du premier semestre, nous avons accompli des progrès importants. Pour le second semestre, nous allons poursuivre sur notre lancée et je suis confiant en notre capacité à améliorer les prestations de Nyrstar.

©Dieter Telemans

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