analyse

L'avenir de Nyrstar au coeur de toutes les interrogations

©Debby Termonia

Le titre Nyrstar a perdu la moitié de sa valeur en Bourse ce lundi, suite à une note d’ABN Amro qui coupe de 99% son objectif de cours à 0,01 euro. Ce mardi, la chute continue...

Le titre Nyrstar  a perdu plus de la moitié de sa valeur ce lundi. Il a chuté de 49,68% à 0,63 euro. Ce mardi encore, l'action est bien dans le rouge.

L’action suscite la méfiance des investisseurs et des analystes depuis des mois. Elle signe depuis le début de l’année un recul de 90,58 %, le plus gros repli de la Bourse de Bruxelles.

"Nyrstar est sur le chemin inévitable d’une restructuration de la dette."
Philip Ngotho
Analyste

Le plongeon du titre ce lundi s’explique par une note d’ABN Amro. Les analystes de la banque conseillent aux investisseurs de "quitter le navire", et ont abaissé de 99% leur objectif de cours à 0,01 euro. Rappelons que la semaine précédente, Citi avait abandonné son objectif de cours sur le titre, et deux semaines auparavant, Morgan Stanley, qui conseille le producteur de zinc sur ses options de financement, avait aussi supprimé son objectif de cours. "Dans le pire des cas, l’action Nyrstar peut tomber à zéro. Dans le meilleur scénario, elle peut valoir 9,42 euros", avaient alors justifié les analystes de Morgan Stanley.

©MEDIAFIN

1. L’inquiétante dette de Nyrstar

"Le scénario le plus probable serait un échange d’obligations en actions."
Philip Ngotho
Analyste chez ABN AMro

Les investisseurs et analystes s’inquiètent du refinancement de la dette de Nyrstar. Lors de la présentation des résultats du troisième trimestre, la société avait indiqué une réduction de sa dette nette de 61 millions d’euros par rapport au mois de juin. Mais celle-ci s’élève encore à la fin du mois de septembre à 1,14 milliard d’euros, un niveau jugé beaucoup trop élevé par les investisseurs. Ceux-ci sont particulièrement inquiets pour l’obligation de 350 millions d’euros émise par Nyrstar qui doit venir à échéance en septembre 2019.

Lors de la conférence avec les analystes à la fin du mois d’octobre, la direction de la société n’avait pas donné de détails sur l’opération, indiquant simplement qu’elle étudiait ses options. Elle a mandaté Morgan Stanley pour la conseiller sur ses options de financement. L'obligation à échéance 2019 est tombée ce lundi à 62 cents selon les données de Bloomberg.

"Le scénario le plus probable serait un échange d’obligations en actions assorti d’un placement privé pour Trafigura (l’actionnaire principal de Nyrstar), souligne Philip Ngotho, analyste d’ABN Amro. Et cela se ferait au prix d’une destruction complète des fonds actuels. Nous estimons que Trafigura va essayer de maintenir une participation à hauteur de 20% dans Nyrstar, car il lui a fallu beaucoup d'efforts pour sécuriser des accords de soutirage." Nyrstar n’a pas voulu commenter.

2. La chute des prix du zinc

Les inquiétudes autour du refinancement de la dette de Nyrstar s’expliquent par la chute des prix du zinc et des charges de traitement du minerai à un niveau historiquement bas. La faiblesse des prix du métal a écrasé les bénéfices de l’entreprise. Au troisième trimestre, ceux-ci ont chuté de 74% en raison notamment de la faiblesse des prix du zinc. Ceux-ci ont baissé de plus de 22% par rapport au premier semestre, en raison de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine qui fait craindre un ralentissement économique mondial.

Les dernières statistiques économiques chinoises continuent de déprimer les prix des métaux de base, de quoi pousser les analystes à réviser à la baisse leurs estimations de bénéfices pour Nyrstar.

3. Les difficultés de production

La semaine dernière, Nyrstar a annoncé la mise à l’arrêt d’une partie de son unité de production de Port Pirie en décembre pour éviter de dépasser les normes d’émission de plomb dans l’air. Or les analystes sont sceptiques sur la future contribution que le producteur de zinc attend de la fonderie Port Pirie.

La semaine passée, le magazine spécialisé Metal Bulletin avait indiqué que des sociétés minières qui fournissent du zinc à la fonderie européenne de Nyrstar, sans citer le nom, exigeraient toujours un paiement pour la livraison de leur minerai. Dans la foulée, ABN Amro a répété que pour cette raison, la dette de Nyrstar pourrait être plus élevée que ce que la société a annoncé. Mais Nyrstar a démenti.

Une faillite est-elle souhaitable pour Nyrstar?

Le syndicat ACV, cité par nos confrères du Tijd, estime qu’il vaudrait mieux que Nyrstar se déclare en faillite pour les sites belges de Balen et Overpelt, ainsi que de Budel (Pays-Bas) et Auby (France).

"Pour ces sites, il serait peut-être préférable que Nyrstar se mette en faillite. Parce que si la maison mère fait faillite et qu’il y a un acheteur, Balen, Overpelt, Budel et Auby peuvent revenir à la normale, sans avoir à se soucier de la dette du groupe" a indiqué Dirk Van der Eycken, secrétaire fédéral de l’ACV, en réaction à la chute du cours de l’action ce lundi.

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