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Le feu vert européen ouvre à FytoFend les premiers marchés pour son biopesticide

FytoFend s’attaque tout d’abord au marché des légumes en serre parce qu’il lui donne un accès rapide à plusieurs marchés européens. ©Patrick Post/Hollandse Hoogte

L’aval des autorités publiques belges et européennes permet à FytoFend de proposer son pesticide naturel FytoSave aux producteurs de légumes en serre. Ce premier débouché en laisse entrevoir d’autres à moyen terme.

Six ans après sa création et après de premiers tâtonnements opérés l’an dernier sur des marchés lointains (Afrique du Sud et Équateur), la société FytoFend s’apprête à prendre son envol commercial cette année. Son biopesticide FytoSave, un "stimulateur des défenses naturelles des plantes", vient en effet d’être homologué par la Commission européenne et autorisé en Belgique par le Service Public Fédéral (SPF) Santé publique.

Créée en juillet 2009, FytoFend, une spin-off de l’Université de Namur, est le fruit d’une recherche lancée par Pierre Van Cutsem, professeur de biologie végétale aux Facultés.

Le principe: plutôt que d’épandre des produits chimiques, mieux vaut doper les défenses naturelles de la plante.

Le FytoSave vient d’être homologué par la Commission européenne et autorisé en Belgique par le SPF Santé publique pour les légumes en serre.

Les ventes démarreront bientôt en Belgique, puis ailleurs dans l’UE.

L’autorisation porte sur l’utilisation du FytoSave pour la prévention de l’oïdium, une maladie causée par un micro-champignon, dans les cultures de légumes en serre. "Nous avons choisi ce segment parce qu’il nous donne un accès rapide à plusieurs marchés européens et offre davantage de valeur ajoutée", explique Raffael Buonatesta, cofondateur et directeur opérationnel de FytoFend.

Défenses naturelles

Créée en juillet 2009, cette entreprise est le fruit d’une recherche lancée cinq ans plus tôt par Pierre Van Cutsem, professeur de biologie végétale à l’Université de Namur. Le postulat de départ est très simple: plutôt que d’épandre des produits chimiques qui tuent les agresseurs extérieurs, arrangeons-nous pour doper les défenses naturelles de la plante. Comment? En développant une molécule qui sera interprétée par la plante comme un signal de danger et qui l’incitera à se protéger naturellement.

Cette molécule, c’est l’éliciteur, un biopesticide composé de fragments de pectine, une molécule végétale, et de chitosan, que l’on trouve notamment dans les champignons ou dans la carapace des crustacés. Pour un hectare, deux litres de liquide contenant 25 grammes de substance active suffisent.

L’avantage majeur de ce produit, c’est d’être totalement inoffensif pour l’homme comme pour l’environnement.

Forte de l’aval des autorités publiques, la société installée dans le Parc Crealys à Gembloux peut dès à présent s’attaquer au marché belge. La législation européenne prévoit une homologation dans un État membre "rapporteur", la Belgique dans le cas de FytoFend. Une fois l’homologation nationale obtenue, les autres États membres sont tenus d’accepter l’homologation du pays de référence dans les 120 jours qui suivent.

"Nous avons déjà signé plusieurs accords de distribution, notamment en Belgique, en France, aux Pays-Bas et dans les pays méditerranéens."
Raffael Buonatesta
Cofondateur de FytoFend

"Nous avons déjà signé plusieurs accords de distribution pour nos produits, notamment en Belgique, en France, aux Pays-Bas et dans les pays du pourtour méditerranéen. Comme nous sommes une société monoproduit, nous ne pouvons pas nous permettre de nous lier à un seul géant de l’agroalimentaire", précise Raffael Buonatesta.

Étant donné le délai de reconnaissance dans les autres pays de l’Union, seule la Belgique permettra une commercialisation pratiquement sur une année pleine. "Dans le sud de l’Espagne, les producteurs assurent jusqu’à trois cultures sous serre par an. Nous espérons dès lors être prêts pour la saison qui court de septembre à janvier, très importante pour l’approvisionnement des marchés d’Europe du nord".

35 à 40 euros l’hectare

Côté prix, le FytoSave ne peut rivaliser actuellement avec les pesticides les moins chers (10 euros l’hectare), utilisés notamment pour les céréales. "Nous nous situons dans une gamme de prix tournant autour de 35 à 40 euros, ce qui nous place dans la fourchette supérieure dans les maladies que l’on traite", explique le patron de FytoFend. Qui ne désespère pas à terme d’attirer l’attention des céréaliers bio.

L’année 2015 doit marquer le véritable lancement de la société sur le marché et lui permettre de présenter pour la première fois des comptes à l’équilibre, avant les premiers bénéfices attendus en 2016. De quoi laisser entrevoir un renforcement de l’équipe actuelle (4 personnes) par l’embauche d’un ou deux collaborateurs en fonction de l’accroissement de la production, puis de renforts administratifs et en R & D.

Pour cela, il faudra se diversifier. D’ici un mois, FytoFend déposera une demande d’extension d’usage du FytoSave auprès des autorités françaises pour le traitement du mildiou et de l’oïdium de la vigne. L’approbation de la substance active étant déjà acquise, l’aval devrait tomber d’ici un an.

Pour traiter le mildiou de la pomme de terre, il faudra développer un autre biopesticide que le FytoSave. La maladie qui frappe le tubercule est analogue à celle qui touche les légumes, mais elle n’est pas causée par les mêmes agents pathogènes.

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