Le scénario d'une émission monstre d'actions prend corps chez Nyrstar

©nyrstar

Nyrstar a évoqué, pour la première fois, la possibilité d'une "dilution très substantielle" des actionnaires. Un scénario évoque l'émission de 4,8 milliards d'actions nouvelles.

Les spéculateurs sur Nyrstar ont été pris de court ce matin avec le communiqué de presse du groupe évoquant pour la première fois, noir sur blanc, la possibilité d’une "dilution très substantielle" des actionnaires. Cette annonce qui ne constitue pourtant pas une surprise a fait chuter le titre de 12% en matinée. Ce sont les vendeurs à découvert, les fameux "shorteurs" qui se frottent (encore une fois) les mains.

Plusieurs analystes avaient pourtant déjà dit, et répété, que la principale issue de secours pour désamorcer la bombe que représente la dette colossale du groupe était d’en échanger une large partie contre de nouvelles actions et donc de diluer fortement la position des actionnaires existants. C’est ça ou la marche funèbre vers la faillite

Près de 5 milliards d'actions

Selon une source que nous citions il y a une dizaine de jours, le nombre de nouveaux titres Nyrstar pourrait atteindre 4,8 milliards (contre 144 millions actuellement) dans le cadre d’un scénario où 80% de la dette serait échangée contre des actions à 20 centimes la pièce. Les actionnaires actuels resteraient avec 3% de l’entreprise.

"Nous voyons cette déclaration comme la confirmation qu’un échange dette contre actions sera proposé aux parties prenantes", estime Wim Hoste de KBC Securities ("Réduire"; 0,30 euro) qui évalue la dette nette totale à 15 fois le Rebitda à la fin de l’année dernière. "Une conclusion positive à l’examen de la structure du capital semble cruciale pour garantir la survie de la société." Sans davantage de clarté, "il est très difficile de déterminer ce qu’il restera comme valeur pour les actionnaires actuels", ajoute l’analyste.

Intérêts postposés

Stijn Demeester d’ING rappelle, pour sa part, que sa recommandation à "vendre" et son objectif de cours de 0,3 euro sont basés sur le postulat d’un échange dette-actions dans lequel un tiers de la dette junior (subordonnée, NDLR) est convertie. "Depuis que la dette combinée des obligataires engagés dans les discussions sur la restructuration atteint 950 millions d’euros, soit toute la dette junior, cela semble être un scénario excessivement optimiste."

Une bonne nouvelle toutefois dans le communiqué publié ce matin par Nyrstar: les discussions avec les détenteurs d’obligations semblent avancer de manière constructive. Cela permet au groupe de postposer de trente jours le paiement de 31,6 millions d’euros d’intérêts dûs ce vendredi sur 850 millions d’euros d’obligations.

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