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Les minoritaires de Nyrstar mis sous pression par Trafigura

La bataille juridique entre Trafigura et des minoritaires de Nyrstar se poursuit. ©Kristof Vadino

Trafigura a demandé et obtenu en justice que les actionnaires minoritaires de Nyrstar détaillent leurs transactions sur l'action. En attendant, le travail des experts est suspendu.

Nouveau revers pour des actionnaires minoritaires de Nyrstar engagés dans un bras de fer avec son actionnaire de référence Trafigura.

On se rappellera que ce dernier a transféré dans une société 98% des actifs du spécialiste du zinc dans le cadre de la restructuration de la dette pour sauver Nyrstar de la faillite. Très vite, des actionnaires ont mis en cause les conditions dans lesquelles cette opération a été effectuée.

Fin octobre de l’année dernière, ceux-ci décrochaient une importante victoire devant le tribunal de l’entreprise d’Anvers. Comme ils le réclamaient, un collège d’experts a été désigné afin d’enquêter sur ce transfert d’actifs. Leur objectif final est d’obtenir un dédommagement, car ils estiment avoir été dépouillés lors de cette opération.

Audience le 28 septembre

Mais dans un jugement intermédiaire rendu le 2 juillet, le même tribunal a décidé de suspendre le travail de ces experts suite à la tierce opposition déposée par Trafigura contre le jugement du 30 octobre. Et cela, le temps que les minoritaires, parmi lesquels figurent Kris Vansanten et ses sociétés, déposent au tribunal le détail complet de leurs transactions sur les actions Nyrstar. Une audience est prévue pour le 28 septembre.

Il y a quelques jours, les minoritaires en question avaient déjà subi une déconvenue lors de l’assemblée générale de Nyrstar.

"La suspension de l'enquête des experts donnera aux actionnaires minoritaires le temps de produire des preuves de leurs participations et de leurs transactions dans la société et donnera aux parties, y compris la société, l'occasion de débattre des conséquences juridiques des nouvelles preuves, après quoi le tribunal prendra une décision", a précisé Nyrstar dans un communiqué.

De son côté, une porte-parole de Trafigura rappelle que les réclamations formulées à l'encontre de la société dans ce dossier sont infondées. "Le jugement rendu par le tribunal d'Anvers vendredi dernier a reconnu le droit de Trafigura à être entendu et à ce que la procédure légale correcte soit suivie."

Il y a quelques jours, les minoritaires en question avaient déjà subi une déconvenue lors de l’assemblée générale de Nyrstar. Ils mettaient en cause l’indépendance de certains administrateurs et demandaient la convocation d’une assemblée spéciale portant sur la nomination d’administrateurs qui répondront aux critères d’indépendance. Mais le quorum requis pour se prononcer sur ces points a fait défaut lors de l’AG.  

"Il est désormais prouvé que le conseil d'administration (...) est obligé de danser au rythme de Trafigura."
Les petits actionnaires de Nyrstar

"Ne pas dévoiler le fond de l'affaire"

"Ce jugement confirme une fois de plus le sérieux de la cause pour laquelle nous nous battons. Tout d'abord, il est de plus en plus évident que Trafigura fait tout ce qu'elle peut pour ne pas dévoiler le fond de l'affaire", ont réagi les petits actionnaires représentés par RSQ Investors. Ils regrettent au passage que Trafigigura "présente les victimes comme des spéculateurs fortunés".

"Plus nous creusons ce dossier, moins il y a de doute sur le bien-fondé de l'affaire", expliquent encore les petits actionnaires de Nyrtsar. "Il est désormais prouvé que le conseil d'administration, en vertu des conditions du 'non-recourse loan' accordé par Trafigura à Nyrstar, est obligé de danser au rythme de Trafigura", précisent-ils encore.

La semaine dernière, lors de l'assemblée générale, plus de 99% des actionnaires minoritaires avaient voté en faveur de la nomination d'un administrateur indépendant, mais ils s'étaient opposés à la volonté de Trafigura, l'actionnaire majoritaire, qui avait voté contre.

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