Les petits actionnaires de Nyrstar portent plainte à la FSMA

©Thierry du Bois

S’estimant lésés par le démantèlement de Nyrstar prévu par Trafigura, l’actionnaire majoritaire du spécialiste du zinc, des petits actionnaires portent plainte à la FSMA.

Les petits actionnaires de Nyrstar ne désarment pas. Après avoir mis le spécialiste du zinc en demeure de leur livrer une série de documents liés au démantèlement de la société, ils viennent de déposer plainte auprès de la FSMA, a-t-on appris ce vendredi auprès de Laurent Arnauts et de Robert Wtterwulghe, les avocats des petits actionnaires.

On le sait, la situation de Nyrstar est catastrophique. Pour sauver ce qui peut l’être, Trafigura, l’actionnaire majoritaire de la société, a imaginé un plan de sauvetage. Pour faire simple, l’idée est de créer une newco dans laquelle les actifs rentables seraient transférés. Ce nouvel ensemble serait détenu à 98% par Trafigura et à 2% par Nyrstar. Les petits actionnaires, qui n’ont pas été informés des détails de ce plan, sont appelés à se prononcer dessus lors de l’assemblée générale qui se tiendra le 25 juin.

"Une information susceptible d’influencer le cours de Bourse est cachée au marché"
Laurent Arnauts
Avocat

C’est dans cette optique que Laurent Arnauts et Robert Wtterwulghe avaient mis la société en demeure de leur fournir tous les documents leur permettant de saisir les tenants et les aboutissants de ce démantèlement. Las, par la voix de leurs avocats (Freshfileds), Nyrstar a opposé une fin de non-recevoir aux petits actionnaires, leur faisant savoir qu’ils pourraient poser leurs questions lors de l’assemblée générale qui se tiendra dans une dizaine de jours.

Cette réponse n’est pas acceptable pour les deux avocats des petits actionnaires. Ils estiment qu’il sera alors trop tard et que cet état de fait ne permettra pas aux actionnaires de comprendre le démantèlement dont ils seraient les victimes. Mais il y a plus. Les avocats des actionnaires estiment également qu’une "information susceptible d’influencer le cours de Bourse est cachée au marché, et plus particulièrement à la masse des actionnaires qui ne sont pas des créanciers obligataires institutionnels. Ce qui fait courir le risque de délits d’initiés."

Les avocats estiment en effet que des obligataires ont pu bénéficier de certains détails du démantèlement avant de se prononcer sur l’opération. Soucieux de défendre les droits de leurs clients, les deux avocats ont décidé de porter plainte à la FSMA, tout en annonçant qu’ils se réservaient le droit de mener d’autres actions en justice.

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