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Les signaux agricoles clignotent, attention au dérapage

Les récoltes baissent et les prix montent. Une équation inéluctable. Le blé en est la victime la plus médiatisée.

Avec la sécheresse sans précédent en Russie, les récoltes décevantes en Argentine, en Australie et au Canada, les perspectives sont moroses. Et à ces incertitudes sont venues s’ajouter les craintes concernant les récoltes de maïs en Chine et surtout aux Etats-Unis, premier producteur et exportateur mondial. Sur les marchés, cela se traduit par une hausse en flèche. En juillet, le prix du blé s’est envolé de 70&flexSpace;%, suite aux incendies en Russie. Ses niveaux sont toujours 50&flexSpace;% plus élevés qu’en juin.

Quant au prix du maïs, il est en hausse de 40-50&flexSpace;% sur la même période. L’exercice peut être étendu au soja qui est monté à un plus haut d’un an. Ou au sucre, qui connaît une situation de blocage dans les ports brésiliens et des inondations en Inde.

Rien pour l’instant d’aussi alarmant qu’en 2008, lors de la crise alimentaire, reconnaissait la semaine passée l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture des Nations Unies (FAO). Tout en prévenant que la récente volatilité des prix des denrées représentait une "menace majeure" pour la sécurité alimentaire.

La hausse du prix du pain a provoqué des émeutes au Mozambique, faisant 13 morts. Une hausse mieux accueillie au Sénégal, autre pays à risque. Ou en Egypte: ici le gouvernement a rapidement remplacé le manque russe par d’autres canaux. D’où un coût de plus de 700 millions de dollars pour le budget de l’État.

Ces déséquilibres mondiaux sont le terreau des spéculateurs, accuse la FAO. Un récent rapport lui donne raison. Il émane du rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, le Belge Olivier De Schutter. De Schutter y démontre l’emballement des prises de position sur les marchés des dérivés et dénonce le jeu des fonds indiciels qui achètent des contrats sur ces mêmes marchés. "Tandis qu’un spéculateur traditionnel peut faire monter les prix d’une matière première en l’amassant physiquement, les spéculateurs indiciels font de même en amassant des contrats ‘futures’sur ces matières premières", précise Olivier De Schutter.

La transparence sur les dérivés des denrées agricoles sera le cheval de bataille de la présidence française du G20, qui commencera après le sommet de Séoul en novembre. Mais, comme on l’a vu après la crise, une régulation policière reste délicate et un défi de longue haleine.

Hier, un rapport du International Rice Research Institute et de l’Asia Society a conseillé les pays asiatiques de se constituer des réserves de riz pour améliorer la sécurité alimentaire de leur population. Il faudra jouer plus "fair-play" qu’en 2008. A défaut de quoi, la folie haussière pourrait bien reprendre dans les marchés.lS.Q.

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