Lhoist réquisitionné pour approvisionner les Rochefortois en eau potable

©Jef Boes

Lhoist est réquisitionnée pour approvisionner en eau potable Rochefort, confronté à une pénurie d’eau. Une situation qui apporte de l’eau au moulin de Lhoist, face aux moines trappistes.

On a appris à plusieurs sources que la société Lhoist vient d’être réquisitionnée – de son plein gré – pour approvisionner en eau potable la Ville de Rochefort, à nouveau confrontée à une pénurie d’eau. L’approvisionnement alternatif devrait être effectif dès ce jeudi et éviter toute rupture d’approvisionnement, comme ce fut le cas l’an dernier pour certains habitants.

La commune de Rochefort repasse les plats d’été. Après la pénurie d’eau déjà survenue en juin 2017 privant d’eau certains habitants durant plusieurs jours, Pierre Vuylsteke, le bourgmestre (MR) faisant fonction, a préféré prendre les devants et ne pas attendre davantage. Il vient d’envoyer une ordonnance sommant la société Lhoist d’entamer de toute urgence le pompage sur la source JE 77, celle-là même qui était déjà venue compenser le manque de débit de la source de Tridaine, qui approvisionne habituellement en eau potable la commune et l’abbaye de Rochefort.

©Jef Boes

Selon les services techniques communaux, Tridaine ne produit en effet plus qu’un débit très faible d’environ 20 m3 par heure et devrait franchir son seuil critique de 19 m3 par heure dans les prochains jours, compte tenu de la sécheresse persistante. Par ailleurs, le barrage de Nisramont, géré par la SWDE, ne parviendrait pas non plus à combler le déficit d’eau prévisible à Rochefort. Selon les autorités communales, la situation est donc comparable à celle de l’été dernier, période pendant laquelle celles-ci avaient déjà demandé en catastrophe à Lhoist de remettre en activité – avec succès - son puits JE 77. Les équipes de Lhoist ont donc lancé ce jeudi matin à la première heure les opérations de remise en route du puits.

Christophe De Doncker, le porte-parole de l’abbaye, juge la réquisition précipitée et non avenue : "Les orages et les précipitations des dernières 48 heures ont suffisamment réapprovisionné la nappe phréatique de la source de Tridaine pour ne rien modifier au réseau d’approvisionnement en eau potable habituel", indique-t-on du côté de la trappe où l'on rappelle être propriétaire de l'eau de la source de Tridaine et tenir bec et ongles à sa qualité et sa stabilité historique, qui participent intrinsèquement à la qualité de la production brassicole locale.

Un test grandeur nature qui tombe à pic

Le puits alternatif pompera en profondeur l’eau de la nappe phréatique locale et la redistribuera via la galerie existante. "L’arrêt du pompage sera envisagé dès que la remontée naturelle du niveau de la nappe phréatique permettra de retrouver une alimentation de la galerie de Tridaine par voie gravitaire suffisante pour subvenir aux besoins habituels de la Ville et de l’abbaye", stipule l’ordonnance. "Comme l’an dernier, la qualité de l’eau pompée sera suivie par un laboratoire indépendant", promet l’entreprise Lhoist, selon laquelle la source JE77 - couplée à Tridaine et sa galerie - est un château d’eau souterrain exploitable de manière durable. Pour la propriétaire des lieux de surface, ce cas "de force majeure" tombe à point nommé, le présentant comme un chevalier blanc aux yeux des habitants.Si tout se passe comme prévu, ceux-ci pourront en effet confirmer sur le tas et à grande échelle que l’eau du puits JE 77 offre une alternative en qualité et en quantité à l’alimentation locale en eau potable, déficiente depuis deux étés.

Pour pouvoir exploiter au-delà de l’échéance de 2022 - et pour 25 ans encore - la carrière du Gerny, L’alternative proposée par Lhoist Industrie est en effet de relier la galerie de Tridaine à deux nouveaux puits du même aquifère mais situés en plus grande profondeur que le point de captage historique actuel, le JE 77 constituant pour sa part "une garantie supplémentaire d’approvisionnement d’eau potable durant le test que Lhoist demande à réaliser depuis des années".

Ce scénario est toutefois battu en brèche – depuis des années déjà - par les pères trappistes de l’abbaye de Rochefort, qui ont porté l’affaire en justice et ont fait annuler le précédent permis unique délivré par la Région wallonne à Lhoist pour valider techniquement dans les temps impartis ce scénario alternatif. Depuis, Lhoist a revu sa copie et réintroduit une demande de permis corrigée. La pénurie actuelle apporte donc pas mal d'eau à son moulin.

©Jef Boes


Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content