Nyrstar a enfin bonnes mines

Un mine de Nyrstar au Tennessee. ©Nyrstar

Les activités minières de Nyrstar, un temps condamnées à être toutes cédées, ont enregistré un bond de leur Ebitda au cours du 3e trimestre. Le marché applaudit.

Nyrstar brille en Bourse ce matin. Et ses actionnaires savent pourtant que ce n’est pas tous les jours le cas. En fin de matinée, le titre grimpait de près de 5% à 6,81 euros. Il y a 10 ans presque jour pour jour, la société entrait en Bourse au prix de 20 euros l’action alors que le prix du zinc caracolait à des sommets. Depuis son IPO, le titre n’a fait que perdre des plumes et cela de façon catastrophique. A tel point qu’il a fallu regrouper récemment les actions par 10 pour éviter qu’il ne reste un "penny stock".

Deux ou trois CEO plus tard, c’est à Hilmar Rode qu’il revient de redresser la barre. Et les résultats du troisième trimestre publiés ce mardi matin vont sans conteste dans le bon sens.

Changement de stratégie

La diversification stratégique entamée voilà des années dans l’exploitation minière avant d’être remise en cause et partiellement démantelée ensuite semble, finalement, porter ses fruits. A tel point que Nyrstar vient de décider de conserver ses mines en Amérique du Nord après avoir vendu celles du sud du continent. Le bond de 800% de l’Ebitda sous-jacent de l’activité minière à 18 millions d’euros au troisième trimestre a dû constituer un argument de poids dans cette décision. 

Le leader mondial du zinc a pu profiter d’une nette hausse du prix de ce métal (+42% depuis le début de l'année) ce qui a permis de contrebalancer des frais de traitements moins élevés et un dollar plus faible. L’autre bonne nouvelle, c’est le redéploiement du site de Port Pirie en Australie qui poursuit son cours selon l’agenda prévu.

Analystes en attente

Frank Claassen, analyste chez Degroof Petercam voit bien des signes d’espoir dans ce tableau mais estime que Nyrstar a affiché un trimestre léger, une déception au niveau de l’Ebitda et un nouvelle augmentation de sa dette. L'analyste a réduit, en conséquence, ses prévisions d’Ebitda de 7 à 8% autour de 220 à 225 millions d’euros. Il qualifie en outre "d’agressive" l’ambition de Nyrstar de dégager un cash-flow positif en 2018. Il attend plus de signes d’amélioration avant de modifier son avis sur la valeur qui reste à "conserver" avec un objectif de cours de 6 euros.

• On est un peu plus optimiste chez KBC Securities où les résultats du groupe étaient, grosso modo, en ligne avec les attentes du broker. "Grâce à un marché du zinc plus étroit, à une contribution positive de Port Pirie à l’Ebitda en 2018 et à une production accrue du segment minier, nous nous attendons à voir se poursuivre l’année prochaine l’élan positif des bénéfices" écrit l’analyste Wim Hoste. Son avis sur la valeur reste à "accumuler" avec un objectif de cours de 7,5 euros.

• Enfin, chez ING, Stijn Demeester juge qu’avec un consensus d’Ebitda de 107 millions d’euros pour 2018, le marché sous-estime le potentiel bénéficiaire du segment minier. Il conseille de conserver la valeur avec un objectif de cours de 6 euros, les deux restant inchangés.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés