Nyrstar encaisse mal le coup de balai à sa direction

©nyrstar

Le titre Nyrstar a perdu près de 17% ce lundi après les changements annoncés vendredi soir au niveau de la direction du groupe.

Alors que les petits actionnaires de Nyrstar attendent avec une certaine fébrilité l’issue de l’examen approfondi de la structure bilantaire du groupe, le spécialiste du zinc a fait le ménage au niveau de son management. Une annonce qui n’a guère rassuré le marché, l’action dévissant de 18% d'entrée de jeu pour lâcher 16,67% sur la séance. 

Trafigura renforce son emprise

Si l’actuel CEO reste en place, il sera flanqué d’une belle-mère. Martyn Konig, le président du conseil d’administration depuis 2016 devient, en effet, président exécutif. "C’est la première fois qu’un représentant de Trafigura (l'actionnaire principal du groupe avec une participation de 24,6%, NDLR) détient de responsabilités exécutives au sein de Nyrstar", souligne Stijn Demeester d’ING. "M. Konig va contrôler de près le processus de restructuration (de la dette, NDLR) tandis qu’Hilmar Rode, le CEO, se focalisera sur l’aspect opérationnel des affaires. Cela renforce la position de Trafigura aux commandes de Nyrstar", juge l’analyste.

Après seulement six mois dans ses fonctions, le CFO, Michel Abaza a, pour sa part, été remercié avec effet immédiat. Il est remplacé, ad interim, par le contrôleur du groupe Roman Matej qui a huit ans d’ancienneté au compteur. Ce dernier continuera à travailler en étroite collaboration avec l’équipe d’Alvarez & Marsal qui assiste Nyrstar dans l’examen de la structure du capital, a précisé le spécialiste du zinc dans un communiqué publié vendredi soir.

Nyrstar ne précise pas quand cet examen sera bouclé. Peut-être en saura-t-on plus le 21 février lors de la publication des résultats annuels. À moins que le voile ne soit levé avant.

"Éliminer les minoritaires"

Pour Wim Hoste de KBC Securities, une restructuration de la dette semble absolument nécessaire pour que Nyrstar puisse survivre. Non seulement, son endettement reste très lourd - avec un ratio dette nette ajustée sur Ebitda attendu au-delà de 10 fin 2018- mais il lui est, en plus, impossible, en raison de taux prohibitifs, de solliciter le marché pour refinancer une obligation de 340 millions d’euros qui arrive à échéance en septembre de cette année.

"Il n’est pas clair, à ce stade, de déterminer quelle forme prendra la restructuration de la dette -échange contre des actions  ou décote ("haircut")- et quelle valeur il restera ensuite pour les actionnaires", souligne l’analyste. En attendant d’en savoir plus, il reste à "réduire" sur la valeur avec un objectif de cours de 0,50 euro.

Son collègue d’ING, maintient sa recommandation à "vendre" avec un "target" de 0,40 euro. "Cette décision est basée sur l’idée que l’étude de la structure de capital résultera en un échange hautement dilutif dette/actions avec la possibilité d’éliminer les actionnaires minoritaires et d’impacter les détenteurs d’obligations juniors."

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