Nyrstar: "Le patient est encore loin d'être guéri"

©rv

Malgré la bouée de sauvetage lancée par Trafigura, les analystes restent pessimistes. Ils craignent une forte dilution des actionnaires de Nyrstar en cas de restructuration du capital.

Confronté à des problèmes de liquidité depuis ses mauvais résultats du troisième trimestre, Nyrstar a reçu une bouffée d’oxygène de la part de Trafigura, son principal actionnaire.

Elle prend la forme d’une ligne de fonds de roulement de 650 millions de dollars qui sera disponible à partir du 30 novembre et arrivera à échéance le 30 juin 2020. Elle remplacera celle de 250 millions actuellement en cours. De quoi payer les fournisseurs qui réclament de plus en plus des paiements en avance.

Pour tenir jusqu’à la fin du mois, le groupe a obtenu un pré-paiement intermédiaire de 220 millions de dollars. Mercredi matin, l'action a bondi de plus de 50% avant de réduire ses gains et de clôturer la séance sur une progression de 12,39% à 0,87 euros.

On retiendra trois éléments clés de cet accord alors que l’examen de la structure du capital annoncée le 30 octobre se poursuit.

→ Un, Nyrstar ne pourra pas utiliser les fonds pour rembourser des obligations ou des dettes. Pas question, dès lors, de refinancer avec ces sous, l'emprunt de 340 millions d'euros qui échoit en septembre.

→ Deux, des installations de Nyrstar, comme celle de Port Pirie en Australie, ont été mises en gage.

→ Et trois, Trafigura aura le droit de participer à hauteur de 50% dans tout accord de refinancement ou de recapitalisation du groupe dans les deux ans à venir.

Restructuration du capital

Est-ce à dire que Nyrstar est tiré d’affaire? On semble bien loin du compte à lire les analystes financiers.

"Bien que cet accord réduit les probabilités d’un risque au niveau de la liquidité, il ne change pas notre point de vue qui est que Nyrstar a besoin de restructurer sa dette afin de ramener son ratio d’endettement en ligne avec son flux de bénéfices" estime Stijn Demeester. "Cela se produira probablement au détriment des actionnaires qui se trouveront confrontés à un échange dette/actions."

Lundi, l’analyste d’ING avait déjà abaissé sa recommandation sur la valeur à "vendre" contre "conserver" avant. Son objectif de cours est passé de 2,8 euros à 0,40 euro.

Frank Claassen de Degroof Petercam redoute aussi une lourde dilution de l’action en cas de restructuration du capital et conseille donc de la vendre . "L’accord avec Trafigura est plus une bouée de sauvetage pour le court terme. Le patient est encore loin d’être guéri" souligne-t-il. "De plus, une part significative des actifs est mise en gage chez Trafigura qui gagne davantage de contrôle sur le destin de Nyrstar."

Même son de cloche chez Wim Hoste. Il reconnaît que l’accord sur la facilité de fonds de roulement réduit les inquiétudes sur la position de liquidité du groupe. "Mais, insiste l’analyste de KBC Securities, il ne change structurellement rien au niveau de l’aspect insoutenable du bilan." Il dit rester sur le côté, pour l’instant, dans l’attente de l’issue de l’examen de la structure du capital. Son conseil est à "réduire" avec un objectif de cours d’un euro.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content