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Nyrstar mord la poussière, le noeud coulant de la dette se resserre

©nyrstar

L'avertissement sur résultats lancé jeudi soir par Nyrstar rend encore plus aigu le problème de l'endettement colossal du numéro un mondial du zinc.

Est-ce un dernier plongeon avant de remonter, enfin, à la surface et apercevoir le soleil après des années coincé entre deux eaux? Ou est-ce le signe d’un mal plus profond qui pourrait entraîner le groupe dans les abysses, lesté par une dette colossale?

Les investisseurs, pour leur part, n’ont plus d’états d’âme vis-à-vis de Nyrstar qui les a déçus si souvent et depuis si longtemps.

L’avertissement sur résultats lancé jeudi, après la clôture des marchés, a donc en toute logique été durement sanctionné ce vendredi. Le titre a dégringolé de 36,24% à 2,90 euros.

Le numéro un mondial du zinc a prévenu hier que son Ebitda sous-jacent du second semestre sera inférieur à celui dégagé au cours des six premiers mois de l’année. En cause, le prix du zinc qui est actuellement inférieur de 25% à la moyenne de 3.268 dollars par tonne constatée au premier semestre. Un situation aggravée par des charges de traitement du minerai à un niveau historiquement bas.

Objectif de cours à 3,5 euros

"Comme Nyrstar a dégagé pour la première moitié de l’année un Ebitda de 120 millions d’euros, cela implique une baisse de 20 à 25% du consensus des analystes compilé par Bloomberg qui était de 292 millions d’euros pour l’année", estime Stijn Demeester d’ING.

Chez KBC, Wim Hoste a réduit sa prévision à 100 millions d’euros d’Ebitda sous-jacent pour le second semestre soit environ 20 millions de moins qu’au premier. Il a aussi sabré dans son objectif de cours passant de 5 euros à 3,5 euros et son conseil sur la valeur est désormais à "réduire" contre "conserver" avant.

Optimisme de rigueur

Face à ce nouvel écueil, Nyrstar se montre rassurant et même optimiste pour 2019. Mais que peut-il faire d’autre?

Pour l’année en cours, il maintient sa guidance d’un cash flow libre positif et souligne qu’il dispose de liquidités, tirées de facilités de crédit, comprises entre 620 et 650 millions d’euros à la fin de ce mois.

En ce qui concerne 2019, il met en avant le potentiel de son installation australienne de Port Pirie, de sa mine de Myra Falls et la couverture d’une partie de sa production minière au prix de 3.000 dollars la tonne. En fonction de ces éléments, l’analyste de KBC table toujours sur un redressement significatif de l’Ebitda en 2019 à 365 millions d’euros contre 220 millions désormais attendus pour 2018.

Echéance septembre 2019

Pour l’action, cela n’a pas eu plus d’effet qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Car ce qui inquiète par-dessus tout le marché et les analystes, c’est la dette du groupe et plus particulièrement l’obligation à haut rendement de 350 millions d’euros qui arrivera à échéance en septembre 2019.

"Avec des marchés obligataires fermés pour Nyrstar, le groupe va devoir recourir à du financement à court terme pour refinancer cet emprunt jusqu’à ce qu’il affiche des améliorations au niveau opérationnel", juge Stijn Demeester.

Vendez! 

Frank Claassen de Degroof Petercam ne cache pas son pessimisme à l’égard de Nyrstar. Il recommande désormais de vendre le titre et va revoir son objectif de cours qui est actuellement de 5 euros. "Nous étions en mode prudent, mais Nyrstar continue de décevoir et son bilan devient un problème plus grand encore", écrit l’analyste. La situation financière du groupe devient de plus en plus risquée alors qu’approche la date de remboursement de l’emprunt en septembre 2019, ajoute-t-il.

"Le bilan reste l’inquiétude majeure", renchérit Wim Hoste qui table sur un ratio dette nette/Ebitda de 6,2 pour la fin de l’année et de 3,6 pour fin 2019.

Rappelons qu’il y a un mois, ABN Amro avait publié un rapport alarmant sur la dette de Nyrstar le poussant à diviser par quatre son objectif de cours à un euro!

On s'en approche...

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